
Le ministre français de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a réitéré dimanche dernier sa demande d'annulation de l'accord migratoire de 1968 entre la France et l'Algérie. Cette fois-ci, il a reçu une réponse directe de son collègue, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Ce matin, Jean-Noël Barrot était invité sur la chaîne de télévision "BFM TV", la même chaîne sur laquelle Retailleau avait exprimé sa demande d'annulation. Le ministre des Affaires étrangères a réagi de manière directe en déclarant : "La politique étrangère française est décidée par le ministère des Affaires étrangères et sous l'autorité du Président de la République", signifiant ainsi que ce n'était pas à lui de se mêler de ce qui ne le concernait pas.
Concernant l'accord en question, Barrot a ajouté : "Son annulation ou sa modification n'est pas une solution magique, et si cela en était une, nous l'aurions su depuis longtemps."
C'est la première fois que le désaccord au sein du gouvernement français sur la crise diplomatique avec l'Algérie se manifeste publiquement. Le 10 janvier dernier, la diplomatie française avait déjà réagi, via une source autorisée, à la demande de Retailleau de réduire les visas accordés aux Algériens et de revoir la politique d'aides au développement, suite au refus de l'Algérie d'accueillir l'influenceur "Doulemn".
Cette source diplomatique avait déclaré à la radio "Europe 1" que "réduire le nombre de visas accordés aux Algériens et revoir la politique d'aide au développement ne sert à rien en tant qu'outil de pression". Elle avait également ajouté : "Ces questions sont gérées au niveau européen".