Culture

Que se passe-t-il dans le secteur de la culture ?

L’Union des écrivains algériens demande la suspension des concours littéraires et culturels jusqu’à la mise en place de règles communes

  • 14
  • 2:05 Min

L’Union des écrivains algériens a vivement critiqué la manière dont sont organisés et gérés de nombreux concours et événements culturels et littéraires, ainsi que ce qu’ils engendrent en termes de « dénaturation, de chaos, de confusion, de défense d’intérêts personnels et de mauvaise utilisation des deniers publics ».

Le regroupement a durci le ton en demandant au ministère de la Culture et des Arts de « suspendre temporairement » les concours littéraires et culturels, jusqu’à « revoir leur mode d’organisation et mettre en place des règles unifiées et strictes garantissant la transparence et l’égalité des chances entre tous les participants ».

L’Union n’a pas cité de cas précis l’ayant poussée à publier ce communiqué, se contentant d’exprimer son regret face à ce qu’elle a qualifié de « confusion qui entoure désormais un certain nombre de manifestations culturelles et de concours littéraires », lesquels ont, selon elle, été initialement créés pour soutenir la scène culturelle et mettre en lumière les œuvres littéraires remarquables.

Dans un communiqué publié hier, l’Union a expliqué que ces concours se sont transformés, dans certains cas, en un terrain de « règlements de comptes et de création de chaos et de polémiques entre les participants, les organisateurs et les jurys ». Elle estime que laisser place à de telles pratiques risque de semer l’hostilité au lieu de favoriser l’entente et la convivialité, et d’alimenter une concurrence malsaine, alors que le pays traverse, selon le communiqué, une période qui exige de conjuguer les efforts, de s’éloigner des divisions et d’éviter de susciter les tensions.

Dans ce contexte, l’Union a considéré que ces comportements « irresponsables » démontrent que des responsabilités sont confiées à des personnes qui n’en ont pas les compétences, car elles reposent sur des « visions étroites » et des « considérations personnelles », notamment lorsqu’il s’agit de l’utilisation des deniers publics, le ministère de la Culture et des Arts étant le principal bailleur de fonds de la plupart de ces manifestations et concours.

À cette occasion, l’Union des écrivains a salué les recommandations du président de la République visant à ouvrir le dialogue et la concertation avec les partenaires du secteur culturel.

Bien que l’Union n’ait cité aucun cas ni concours en particulier, on a toutefois constaté récemment l’émergence de polémiques autour de plusieurs œuvres, allant jusqu’à des attaques visant leurs auteurs et à leur sortie de leur contexte littéraire et critique, ainsi que des critiques concernant plusieurs prix, les mécanismes de désignation des jurys et la sélection des lauréats.