Le président du Parlement panafricain, Fateh Boutbig, a affirmé ce mercredi à Alger que la réalisation de la renaissance continentale souhaitée dans le cadre de l’« Agenda 2063 » de l’Union africaine passe nécessairement par l’émancipation intellectuelle et la conscience culturelle. Il a souligné que le combat de l’Afrique ne se limite plus aujourd’hui à la souveraineté politique, mais s’étend également à la maîtrise de la pensée et de la mémoire collective.
Intervenant lors d’une rencontre intellectuelle organisée à l’espace « Roh El Banaf », dans le cadre de la 29e édition du Salon international du livre d’Alger (SILA), sous le thème « De la conscience africaine à la renaissance continentale : le rôle de la culture et de la diplomatie parlementaire », Boutbig a indiqué que la présidence algérienne de cette institution législative continentale, en tant que premier pays d’Afrique du Nord et du monde arabe à occuper ce poste, revêt une dimension stratégique fondée sur la recherche du consensus et l’unification des visions entre les États membres.
Dans le cadre du renforcement du fonctionnement de l’institution législative continentale, l’intervenant a fait état d’une série de décisions et d’initiatives structurelles que le Parlement panafricain compte lancer à partir du mois de décembre prochain. Parmi celles-ci figure la création du « Centre africain des études et recherches législatives », ainsi que le projet de lancement de la première « Université du Parlement panafricain » au cours de l’année prochaine, afin de mobiliser les compétences et les élites universitaires au service de l’élaboration des décisions législatives.
Le président du Parlement panafricain a également annoncé une démarche visant à concrétiser la création d’un « Salon africain du livre », inspiré de l’expérience du Salon international du livre d’Alger. Cette manifestation se veut une plateforme continentale réunissant les écrivains et les intellectuels africains et soutenant les échanges en matière de traduction et d’édition entre les pays du continent, tout en dépassant les barrières linguistiques et géographiques héritées de la colonisation.
Un appel à une plus grande ouverture sur l’Afrique
Dans un appel adressé aux créateurs et aux universitaires algériens, Boutbig les a exhortés à accorder davantage d’intérêt à la profondeur africaine de l’Algérie et à renforcer leur ouverture sur les universités et les centres de recherche du continent, afin de faire obstacle aux tentatives historiques par lesquelles la colonisation a cherché à marginaliser l’identité africaine.
L’intervenant a également souligné que la convergence entre le Parlement panafricain, basé à Johannesburg, et la Commission de l’Union africaine, établie à Addis-Abeba, s’appuie sur la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui appelle à défendre les causes africaines à travers des mécanismes et des idées exclusivement africains, en vue de construire une économie du savoir et un développement durable.
À la clôture de la rencontre, le président du Parlement panafricain a rendu un hommage symbolique au commissaire du Salon international du livre d’Alger, Mohamed Iguerb, au nom du bureau du Parlement panafricain et des participants.
Boutbig a estimé que cette distinction constituait un « hommage à l’Algérie et une célébration de la culture africaine », soulignant que les immenses sacrifices consentis par les martyrs et les moudjahidine ont permis de réaliser aujourd’hui des acquis intellectuels et civilisationnels, concrétisés notamment par l’organisation de grandes manifestations internationales telles que le SILA.
Il s’est également engagé à mettre les plateformes et les programmes du Parlement panafricain au service de la promotion de ce salon à l’échelle continentale, en prévision d’une participation africaine plus large et plus importante lors des prochaines éditions.
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