Le géant allemand de l’industrie automobile BMW se prépare à faire son retour sur le marché algérien, dans une démarche qui pourrait aller au-delà de l’activité commerciale et de la distribution pour inclure l’étude de la possibilité d’implanter une usine de production locale, selon des informations récentes rapportées par des sources spécialisées.
Cette démarche intervient dans un contexte de transformations rapides du marché automobile algérien, après le retour de plusieurs marques européennes, notamment Opel, filiale du groupe Stellantis, ainsi que de la marque coréenne Hyundai, parallèlement au développement notable de l’usine Fiat en Algérie.
Le passage du projet BMW de la phase d’étude à la concrétisation constituerait une évolution importante pour le marché algérien des voitures haut de gamme, avec un passage d’un modèle reposant sur l’importation des véhicules à une stratégie fondée sur la production locale, l’investissement et le transfert de technologies.
Un retour attendu sur le marché algérien
BMW s’apprête, selon les informations publiées par Africa Intelligence, à reprendre son activité commerciale en Algérie dans un premier temps, en tirant parti de la réorganisation du marché automobile et de la nouvelle politique adoptée par les pouvoirs publics à l’égard des activités d’importation et de production. Cette approche semble également favoriser l’étude de la possibilité d’établir une base de production de la marque allemande en Algérie.
Le projet industriel demeure toutefois au stade de l’évaluation. Aucun partenaire algérien ni site potentiel pour l’usine n’a encore été officiellement annoncé, pas plus qu’une date de début des travaux, les modèles susceptibles d’être produits ou le montant des investissements envisagés.
Néanmoins, l’étude de cette option traduit un intérêt croissant de la société allemande pour le marché algérien et une volonté potentielle d’y établir une présence industrielle à long terme en Afrique du Nord, plutôt que de se limiter à exporter des véhicules vers le marché local.
Malgré l’importance des informations faisant état du retour de BMW en Algérie et de l’étude de la possibilité d’y implanter une usine, le projet doit encore franchir plusieurs étapes avant sa concrétisation. Les démarches envisagées comprennent notamment la désignation d’un représentant officiel agréé de la marque en Algérie et le dépôt du dossier pour l’obtention de l’autorisation préalable, outre le règlement de plusieurs questions liées au projet industriel.
Parmi les principales questions figurent le choix du site de l’usine, la sélection du partenaire local, la détermination des modèles susceptibles d’être produits en Algérie, ainsi que le montant de l’investissement et le calendrier de réalisation du projet.
En attendant que les résultats de ces démarches se précisent, le marché algérien pourrait voir le retour d’une nouvelle grande marque allemande, alors que le secteur automobile s’oriente progressivement vers un modèle associant importation, distribution et production locale.
Si l’étude menée par BMW se transforme en véritable projet industriel, elle ajouterait un nouveau chapitre au processus de relance de l’industrie automobile en Algérie, engagé récemment avec le retour d’Opel et la hausse de la production de Fiat.
Nouvelles conditions pour la production et l’intégration locales
Si BMW décide de concrétiser un projet industriel en Algérie, elle devra se conformer à un ensemble de conditions réglementaires fixées par les autorités algériennes pour encadrer l’activité de production automobile.
Ce cadre repose notamment sur le décret exécutif publié en 2022 et modifié en 2024, qui conditionne la poursuite de l’activité industrielle à l’atteinte de niveaux déterminés de production, d’intégration locale et de transfert de technologies.
Parmi les principales conditions imposées aux constructeurs de voitures particulières figurent :
porter le taux d’intégration locale à 10 % à la fin de la deuxième année, puis à 20 % à la fin de la troisième année, pour atteindre 30 % à la cinquième année ;
intégrer localement les opérations industrielles, notamment l’emboutissage, le soudage et la peinture, directement ou par le recours à la sous-traitance locale, ainsi que la fabrication des carrosseries automobiles en Algérie ;
intégrer un véhicule entièrement électrique dans la production à partir de la cinquième année d’activité.
Ces conditions traduisent l’orientation de l’Algérie vers la construction d’une véritable industrie automobile, qui ne se limite pas à l’assemblage des véhicules, mais englobe également le développement d’un réseau de sous-traitance locale, le transfert de technologies et l’augmentation de la part des composants produits dans le pays.
L’expérience de BMW sur le marché africain
BMW dispose d’une expérience préalable en matière de production sur le continent africain, à travers des partenariats et des installations de production en Égypte, ce qui pourrait constituer un élément favorable en cas de décision d’investir en Algérie.
À l’échelle mondiale, le groupe a livré environ 2,464 millions de véhicules en 2025, enregistrant une croissance de 0,5 %. L’entreprise continue également de renforcer sa présence dans le domaine des véhicules électriques et hybrides, ces véhicules ayant représenté environ 26 % de ses ventes mondiales totales, dont près de 18 % pour les véhicules entièrement électriques.
Ces données revêtent une importance particulière pour le marché algérien, dans la mesure où le nouveau cadre réglementaire impose aux constructeurs d’intégrer un modèle entièrement électrique dans leur production au terme de cinq années d’activité.
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