Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mehdi Oualid, a affirmé ce dimanche que l’agriculture est devenue un levier stratégique dans le processus de réalisation de la souveraineté économique. Il a souligné les profondes transformations qu’a connues le secteur ces dernières années, employant plus de deux millions de travailleurs et couvrant une superficie de plus de 8,5 millions d’hectares, ce qui en fait le deuxième secteur contributeur au produit intérieur brut, avec près de 15 %.
Dans le cadre des missions de contrôle des commissions permanentes du Conseil de la nation, la Commission de l’agriculture et du développement rural a auditionné le ministre, qui a présenté un exposé détaillé sur « la situation du secteur et les défis liés à la réalisation de la sécurité alimentaire ». Cette intervention a été publiée sur la page officielle du ministère des Relations avec le Parlement sur Facebook.
Le ministre a expliqué que la stratégie nationale adoptée repose sur la réduction de la dépendance aux importations et le renforcement de la production locale. Toutefois, le secteur continue de faire face à plusieurs défis, notamment les changements climatiques, la nécessité d’améliorer la gestion des ressources et d’accroître l’efficacité des politiques publiques.
Yacine El Mehdi Oualid a précisé que parmi les principales préoccupations figure la faible productivité à l’hectare, en particulier dans la filière des céréales. À cet effet, le ministère œuvre à l’élaboration d’une feuille de route visant une sortie progressive de la dépendance, tout en soulignant l’importance de rationaliser l’utilisation des engrais, encore appliqués de manière anarchique, et de recourir aux technologies modernes pour mener des études approfondies afin d’améliorer les rendements.
Concernant la mécanisation, le ministre a révélé que sa faible utilisation engendre des pertes pouvant atteindre 20 %, annonçant des programmes en cours pour renforcer la modernisation et élargir l’usage des équipements agricoles.
S’agissant de la sécurité alimentaire, il a indiqué que l’Algérie a réalisé des avancées notables, notamment dans le développement local de la production de semences, en particulier les semences hybrides, en coopération avec les universités et les compétences nationales. Il a également salué les progrès enregistrés dans l’agriculture arboricole et la filière des fruits, tout en affirmant l’existence d’une orientation future vers l’exportation.
Sur le marché des viandes, le ministre a confirmé que la production de viandes blanches couvre les besoins du marché national, tandis que la principale contrainte dans la filière des viandes rouges demeure liée aux aliments de bétail. Il a annoncé des études en cours pour trouver des solutions alternatives et innovantes, tout en garantissant la disponibilité des aliments tout au long de l’année. Il a également mis en avant les efforts visant à généraliser la numérisation, notamment à travers l’identification électronique du cheptel.
Le ministre a exhorté à l’ancrage d’une culture de l’assurance chez les agriculteurs et a fait état de l’adoption d’une nouvelle formule de crédits destinée à offrir des sources de financement supplémentaires. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de protéger le foncier agricole contre toute utilisation détournée, annonçant l’élaboration d’une nouvelle loi visant à organiser le secteur et à simplifier les procédures.
Concernant la pêche maritime, le ministre a indiqué que les efforts sont concentrés sur le développement de la filière de l’aquaculture, considérée comme l’une des solutions à forte rentabilité, parallèlement à l’introduction de technologies modernes et à une meilleure prise en charge des conditions sociales et professionnelles des pêcheurs.
En conclusion, Yacine El Mehdi Oualid a affirmé que la numérisation constitue un axe central du développement du secteur, révélant un projet de création d’un système national d’information unifié, comprenant une base de données exhaustive sur l’agriculture, le foncier agricole, la mécanisation, l’irrigation et les rendements.
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