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Guerre Iran–États-Unis : quels scénarios pour l’issue du conflit ?

Au début de la guerre, le président américain Donald Trump a annoncé que la guerre pourrait durer plusieurs semaines et peut-être jusqu’à quatre mois

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La guerre entre l’Iran, les États-Unis et l’entité sioniste est entrée dans sa deuxième semaine et a atteint un pic de confrontation ces derniers jours, dans un contexte de fortes divergences d’analyses et de scénarios possibles. Certains prévoient une fin rapide de la guerre en raison d’un ensemble d’interactions régionales et d’une décision américaine précipitée d’entrer en guerre, tandis que d’autres pensent qu’elle pourrait se prolonger jusqu’à ce que Washington s’assure d’avoir infligé des dommages importants à l’arsenal iranien.

Au début de la guerre, le président américain Donald Trump avait déclaré que le conflit pourrait durer plusieurs semaines, voire jusqu’à quatre mois. Cependant, le rythme des événements a commencé à prendre une direction qui ne donne pas de véritables indications sur la possibilité que la guerre se poursuive encore plus d’une semaine.

Après une séance d’information au Congrès américain, le sénateur Chris Murphy a déclaré qu’il n’avait ressenti, durant cette réunion, aucune vision stratégique claire concernant la guerre. Il a écrit sur sa page sur la plateforme X :
« J’ai assisté à une séance d’information de deux heures sur la guerre avec l’Iran. Toutes les séances sont à huis clos parce que Trump ne peut pas défendre cette guerre devant l’opinion publique. Les objectifs de la guerre n’incluent pas la destruction du programme nucléaire iranien, et ils ont également confirmé que le changement de régime n’est pas non plus à l’ordre du jour. Ainsi, les contribuables dépenseront des milliards de dollars, cela entraînera la mort d’un grand nombre d’Américains, et il est probable qu’un régime iranien encore plus hostile aux États-Unis subsiste. »

Les déclarations de Murphy résument l’état de confusion qui règne à Washington à propos de cette guerre. Cette confusion renforce l’idée que le conflit n’est pas véritablement une initiative américaine, mais qu’il découle avant tout de décisions et de calculs sionistes. Cela ouvre la voie à plusieurs scénarios possibles, notamment avec l’apparition de signes d’évolution dans la position américaine et le début de discussions au sein de l’administration américaine sur la possibilité d’engager un dialogue avec l’Iran.

Un tel scénario pourrait permettre un retour à la table des négociations. Toutefois, cela dépend de plusieurs facteurs complexes : d’abord, la capacité de Washington à se libérer des pressions sionistes qui poussent à poursuivre les attaques contre l’Iran ; ensuite, la question de savoir si Téhéran accepterait de s’asseoir à la table des négociations sous la pression et les bombardements, et de faire des concessions après l’agression subie. Cela impose également d’imaginer une nouvelle approche des négociations et de nouvelles limites pour les dossiers conflictuels, d’autant plus que l’Iran a largement réussi à absorber le premier choc des attaques.

Certaines informations circulant indiquent que Moscou a transmis des messages entre les deux parties concernant un arrêt de la guerre et que Téhéran souhaiterait un dialogue global avec Washington. Cette fois, ce dialogue inclurait également le dossier libanais, l’Iran voulant que toute entente sur la fin de la guerre englobe aussi l’arrêt de l’agression sioniste contre le Liban.

Parmi les facteurs pouvant pousser à une fin rapide du conflit figurent aussi les pressions exercées par les pays du Golfe, qui considèrent la poursuite de la guerre comme une grave menace pour leur situation économique et politique. Ces pays refusent de devenir les otages d’un conflit qui les engloberait alors qu’ils n’ont aucune part dans la décision de guerre ou de paix, ni même un intérêt direct dans celle-ci, surtout avec les risques d’attaques contre leurs ressources pétrolières et leurs infrastructures énergétiques.

À cela s’ajoutent les positions hésitantes de l’Europe face à l’engagement américain dans la guerre, ce qui a provoqué des perturbations sur les marchés mondiaux de l’énergie et nui à ses intérêts, dans un contexte de divergences entre Washington et l’Europe sur plusieurs dossiers.

Au cœur de cette confrontation, il apparaît clairement que Téhéran et Washington recherchent toutes deux une issue politique à la guerre qui ne placerait aucune des deux parties dans la position du vaincu. Washington souhaite donner l’image d’un Iran affaibli, tandis que Téhéran considère que sa résistance et la survie du régime en place constituent en elles-mêmes une victoire militaire et politique.

Dans ce contexte, avec la présence de Mojtaba Khamenei, connu pour ses positions plus dures que celles de son père, le Guide suprême Ali Khamenei, le scénario d’une prolongation de la guerre reste possible. Cela vaut aussi bien pour Washington, qui ne souhaite pas pour l’instant arrêter le conflit en raison des conséquences politiques que cela pourrait avoir — notamment le fait que l’Iran apparaisse comme une puissance ayant résisté à la domination américaine — que pour l’entité sioniste.

En effet, celle-ci estime qu’un arrêt de la guerre dans ses conditions actuelles équivaudrait à offrir une grande victoire à l’Iran, lui permettant de réaliser un gain politique majeur, de s’imposer comme une puissance de négociation dans la région, de réactiver son influence et celle de ses alliés, et de redéfinir ses relations régionales avec ses voisins arabes sur des bases plus conciliantes.

Cela serait d’autant plus significatif après l’échec de Washington à entraîner les pays arabes dans la guerre, et après que le conflit a révélé l’efficacité limitée des bases américaines dans le Golfe, ainsi que les risques que le projet sioniste fait peser sur les pays de la région.