L’administration américaine fait face à un grand défi pour rassembler le soutien à la guerre menée par les États-Unis et de l'entité sioniste contre l’Iran. L’ambiguïté des objectifs et les déclarations contradictoires concernant les raisons et les justifications de cette guerre ont accentué le fossé entre l’opinion publique et la Maison-Blanche.
Les sondages réalisés durant la première semaine de la guerre ont confirmé cette situation, soulevant de sérieuses interrogations quant à la pertinence et l’utilité de ce conflit.
Le président américain n’est pas parvenu à convaincre les milieux académiques et politiques ni l’opinion publique aux États-Unis de soutenir la guerre contre l’Iran. De nombreux avis convergent pour affirmer que les États-Unis n’ont aucun intérêt dans cette guerre, et que ses conséquences sécuritaires, stratégiques et économiques pourraient être très graves pour le pays.
Un sondage réalisé par le Teaching, Research and International Policy Project (TRIP) en mars 2026, auprès de 949 chercheurs et professeurs spécialisés en relations internationales dans des universités américaines, sur un total de 6088 personnes contactées, et publié par la revue Foreign Policy, a montré que la majorité des experts s’oppose clairement à la guerre.
Les résultats indiquent que 69,6 % des experts s’opposent fortement à une attaque militaire contre l’Iran, tandis que 16,9 % s’y opposent plutôt. À l’inverse, 3,7 % seulement la soutiennent fortement et 5,9 % la soutiennent modérément.
Ainsi, plus de 86 % des experts s’opposent à la guerre, ce qui reflète un quasi-consensus académique contre l’option militaire.
La plupart des experts estiment que la guerre pourrait produire l’effet inverse sur la sécurité des États-Unis. Le sondage montre que 56,1 % pensent qu’elle réduira probablement la sécurité américaine, et 24,9 % qu’elle la réduira certainement. À l’inverse, seuls 11,5 % estiment qu’elle pourrait renforcer la sécurité américaine.
Autrement dit, plus de 81 % des experts considèrent que la guerre rendra les États-Unis moins sûrs.
Par ailleurs, 63,1 % des personnes interrogées pensent que cette guerre augmentera la probabilité du terrorisme, dont 25,6 % estiment que cette hausse est certaine, ce qui signifie que 88,7 % des experts s’attendent à une augmentation du terrorisme.
Les universitaires expriment également de fortes inquiétudes quant à la prolifération nucléaire. En effet, 42,9 % pensent que la guerre augmentera probablement la prolifération des armes nucléaires, tandis que 13,6 % estiment que cela est certain. Ainsi, plus de 56 % des experts prévoient une augmentation de la prolifération nucléaire au cours des cinq prochaines années.
En revanche, 45,5 % estiment que la guerre n’aura pas d’effet sur les chances de transition démocratique en Iran, tandis que 31,8 % pensent qu’elle pourrait réduire ces chances, et 22,6 % seulement estiment qu’elle pourrait les augmenter.
Certains experts avertissent que l’implication des États-Unis dans une nouvelle guerre pourrait offrir des opportunités à d’autres puissances internationales d’agir dans des régions sensibles du monde. Ainsi, 31 % estiment que la guerre pourrait augmenter la probabilité que la Chine utilise la force contre Taïwan dans l’année, et 45 % pensent que cette probabilité pourrait augmenter dans les cinq prochaines années.
Un autre sondage réalisé par Reuters/Ipsos a révélé que seulement 27 % des Américains soutiennent les frappes militaires, tandis que 43 % s’y opposent et 29 % restent indécis, ce qui reflète une division interne croissante sur la pertinence de la guerre.
Dans un sondage du Washington Post mené auprès de plus de 1000 Américains, 52 % ont exprimé leur opposition à la guerre, contre 39 % qui la soutiennent, tandis que 75 % se disent inquiets que la confrontation se transforme en une guerre de grande ampleur.
Ces chiffres révèlent l’ampleur du fossé entre les décideurs américains d’un côté et les élites ainsi que l’opinion publique de l’autre concernant la décision de faire la guerre à l’Iran. Beaucoup n’ont pas été convaincus par les arguments de Donald Trump, selon lesquels la pression militaire permettrait d’obtenir des gains stratégiques.
Cette opposition concerne non seulement des responsables démocrates, mais aussi certains membres du Parti républicain auquel appartient Trump.
Le membre républicain de la Chambre des représentants, Thomas Massie, a déclaré refuser toute action militaire contre l’Iran sans l’approbation du Congrès, soulignant que la Constitution américaine confère au Congrès seul le pouvoir de déclarer la guerre.
De son côté, Bernie Sanders, sénateur indépendant proche des démocrates, a averti que la guerre contre l’Iran serait catastrophique et coûteuse pour les États-Unis et pour la région, appelant à un retour à la diplomatie et aux accords nucléaires plutôt qu’à l’escalade militaire.
Le sénateur républicain Rand Paul a également déclaré que les guerres au Moyen-Orient n’ont pas apporté la stabilité, et qu’ouvrir un nouveau conflit avec l’Iran pourrait entraîner les États-Unis dans une guerre longue.
Enfin, Gavin Newsom, gouverneur de la Californie, a critiqué les politiques qui poussent les États-Unis vers une escalade militaire, appelant à réexaminer le soutien militaire à Israël dans le contexte de cette guerre.
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