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La peur a-t-elle changé de camp au Moyen Orient?

Les rumeurs d’assassinat de Netanyahu enflamment les réseaux sociaux

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De nombreuses pages sur les réseaux sociaux diffusent des questions et des doutes sur la mort du Premier ministre sioniste Benjamin Netanyahu, certains exprimant même leur satisfaction face à ces informations non confirmées, accompagnées d’analyses spéculatives sur l’évolution des événements en cas de disparition de ce dirigeant de la droite radicale.

Ces rumeurs ne sont pas restées limitées à l’espace virtuel ni aux interrogations des internautes. Le bureau du Premier ministre israélien a été contraint de démentir les informations circulant sur les réseaux sociaux concernant son assassinat, prétendument en réponse iranienne aux frappes américaines et israéliennes, qualifiant ces informations de « fausses nouvelles ».

Selon le site Al Jazeera, ce démenti est intervenu après une demande d’éclaircissement de l’agence Agence Anadolu au sujet de la multiplication des affirmations selon lesquelles Netanyahu aurait été « assassiné ». Le bureau du Premier ministre a répondu : « Ce sont de fausses informations, le Premier ministre se porte bien. »

Ces rumeurs ont coïncidé avec la circulation d’informations similaires concernant le nouveau guide iranien Mojtaba Khamenei, qui n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a pris ses fonctions après la mort de son père Ali Khamenei, tué lors de frappes américaines et israéliennes visant sa résidence à Téhéran le 28 février dernier.

Ces informations non confirmées sur le sort de dirigeants en période de guerre semblent faire partie d’une guerre psychologique qui accompagne les opérations militaires. Elles visent à déstabiliser les adversaires, semer le doute parmi les populations et provoquer des tensions internes ainsi que des divisions au sein des institutions et de la société.

Cette stratégie cherche également à retourner l’opinion publique contre les dirigeants politiques et à pousser un État ou un régime vers l’autodestruction. Les États-Unis et l'entité sioniste auraient initialement misé sur cette logique en ciblant le guide suprême Ali Khamenei, pensant que l’élimination du noyau du pouvoir provoquerait rapidement l’effondrement du régime, surtout après les protestations qui avaient secoué le pays environ un mois auparavant.

Cependant, cette stratégie semble avoir échoué, car le système politique iranien, avec l’ensemble de ses institutions et une grande partie de la société, est apparu cohérent et soudé, et le pouvoir a montré sa capacité à contrôler les dynamiques politiques et médiatiques.

Concernant la supposée mort de Netanyahu, certains internautes considèrent qu’une telle élimination représenterait l’un des moments les plus marquants de l’histoire du Moyen-Orient, et une défaite symbolique, psychologique et politique majeure pour Israël et ses alliés, pouvant ouvrir la voie à une direction moins violente.

Selon certains observateurs, l’étincelle qui a déclenché cette vague de rumeurs serait le silence inhabituel de la famille de Netanyahu, notamment l’arrêt soudain et inhabituel des publications de son fils sur la plateforme X (Twitter) pendant plusieurs jours, ce qui a alimenté les spéculations sur la disparition du Premier ministre de la scène publique.

Des observateurs sont allés plus loin en affirmant que le compte de Netanyahu sur X aurait publié une vidéo trompeuse générée par intelligence artificielle, considérée par certains comme un indice renforçant l’hypothèse de sa mort.

Au sommet de cette guerre psychologique et militaire, les autorités israéliennes maintiennent un silence institutionnel, peut-être volontaire, évitant toute déclaration définitive sur le sort du dirigeant.

Cette situation soulève de nombreuses interrogations : s’agit-il d’un simple silence stratégique de Tel-Aviv, laissant circuler les rumeurs à des fins politiques, ou bien d’une tentative de dissimuler une catastrophe majeure difficile à annoncer à l’opinion publique sioniste plongée dans une guerre existentielle ?