Le ministère égyptien des Affaires étrangères a publié, ce mercredi, un communiqué au ton ferme concernant la ratification, hier, par la Chambre des représentants libyenne, d’un mémorandum d’entente avec la Turquie portant sur la délimitation des zones de juridiction maritime en Méditerranée.
Dans ce communiqué, l’Égypte a exprimé son « rejet catégorique de la décision de la Chambre des représentants libyenne de ratifier le mémorandum d’entente signé en 2019 entre Fayez al-Sarraj, ancien chef du Gouvernement d’union nationale, et la République de Turquie concernant la délimitation des zones de juridiction maritime en Méditerranée ». Elle a réaffirmé que ce mémorandum est « absolument nul et sans aucun effet juridique » et que sa ratification par la Chambre des représentants libyenne n’entraîne « aucun effet juridique à l’égard de l’Égypte ».
L’Égypte considère que le mémorandum d’entente en question est contraire aux principes du droit international de la mer et aux dispositions de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 relatives à la délimitation de la zone économique exclusive et du plateau continental, lesquelles reposent sur les principes de justice et d’équité.
Elle a ajouté que « le mémorandum porte clairement atteinte aux droits souverains de l’Égypte dans sa zone économique exclusive et sur son plateau continental ».
L’Égypte a rappelé avoir déjà fermement contesté ce mémorandum, renouvelant son rejet de celui-ci « ainsi que de toute procédure ou action entreprise par quelque partie que ce soit sur la base de ce mémorandum, en contradiction avec les frontières maritimes égyptiennes déclarées ». Elle a affirmé qu’elle « se réserve le droit de protéger les droits que lui garantit le droit international et de faire face à toute tentative visant à y porter atteinte ».
La Grèce avait également rejeté cet accord, le considérant comme juridiquement nul et contraire au droit international ainsi qu’à ses droits souverains.
Le mémorandum d’entente maritime vise à délimiter les zones de juridiction maritime entre la Libye et la Turquie en Méditerranée, à travers le tracé d’une ligne maritime reliant les côtes méridionales turques aux côtes orientales libyennes.
Le mémorandum permet également aux deux parties de délimiter des zones économiques, leur conférant ainsi des droits souverains en matière d’exploration et de prospection des ressources énergétiques, notamment du gaz naturel et du pétrole, dans l’est de la Méditerranée.
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