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Un magazine autrichien épingle le Makhzen

Comment le Maroc utilise la carte migratoire comme moyen de pression dans le dossier du Sahara occidental

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Le magazine souligne que la question du Sahara occidental constitue un élément central de la politique étrangère marocaine. Elle rappelle que Rabat revendique sa souveraineté sur ce territoire, dont de larges parties ont été occupées par le Maroc après le retrait de l’Espagne.

« Celui qui reconnaît la position du Maroc sur le Sahara occidental est un partenaire ; celui qui la critique doit s’attendre à une rupture des relations », écrit la publication autrichienne, qui évoque notamment les tensions ayant opposé Rabat à l’Allemagne, à la France et à l’Autriche avant que ces pays ne modifient leurs positions.

Concernant l’Autriche, Profil revient sur la forte augmentation des demandes d’asile déposées par des ressortissants marocains en 2022 et 2023. De plus en plus de personnes originaires du Maroc seraient arrivées en Autriche via la route des Balkans.

Selon les chiffres cités par la revue, quelque 8 700 Marocains ont demandé l’asile en Autriche en 2022, contre environ 6 900 demandes en 2023, alors que le nombre d’expulsions serait resté relativement faible.

Cette hausse des demandes d’asile aurait suscité l’inquiétude du gouvernement autrichien et conduit à l’ouverture de négociations avec Rabat. La revue affirme qu’un accord a finalement été conclu entre les deux pays.

Elle cite notamment l’article 17 de la déclaration commune, qui prévoit une accélération des procédures d’expulsion depuis l’Autriche vers le Maroc, en parallèle d’un changement de position de Vienne sur la question du Sahara occidental.

Selon Profil, ce changement constitue un « tournant politique majeur », l’Autriche ayant auparavant soutenu le processus conduit sous l’égide des Nations unies, notamment le principe d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental.

Dans le même contexte, des médias espagnols ont rapporté jeudi dernier que Rabat accentuerait sa pression sur Madrid, en utilisant cette fois non seulement le dossier migratoire, mais également la menace économique.

Selon ces informations, le Maroc envisagerait de revoir de futurs contrats avec des entreprises espagnoles si Madrid poursuivait ses pressions politiques visant à exclure le Maroc de l’organisation de la Coupe du monde 2030, que le royaume doit accueillir conjointement avec l’Espagne et le Portugal.