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Un pays africain décide de « décoloniser les contenus éducatifs »

« Certaines expressions figurant dans les manuels scolaires et certains termes utilisés pour désigner les Européens entrés en Afrique sont offensants et dévalorisent l’Afrique».

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Le gouvernement du Burkina Faso a engagé une révision en profondeur de l’enseignement de l’histoire, de la géographie et de l’éducation civique dans les écoles, à l’occasion de la nouvelle année scolaire qui débutera le 1er octobre prochain.

Selon les autorités burkinabè, ces réformes visent notamment à corriger certains contenus hérités de la période coloniale et à renforcer l’enseignement des valeurs nationales.

Le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana, a annoncé, lors d’une cérémonie de montée des couleurs à Ouagadougou, la décision de réviser les programmes d’histoire, de géographie et d’éducation civique dans les établissements scolaires du pays et de corriger certains contenus et termes.

Cette démarche répond, selon lui, à une volonté de « décoloniser les contenus éducatifs et les termes utilisés dans les manuels scolaires » consacrés au récit de la présence européenne en Afrique, tout en renforçant l’histoire africaine afin de mettre davantage l’accent sur les peuples africains et leur propre expérience de la colonisation.

Selon ce qu’a rapporté l’Agence africaine de presse, citant le ministre burkinabè, « certaines expressions figurant dans les manuels scolaires et certains termes utilisés pour désigner les Européens entrés sur le continent africain sont offensants et dévalorisent l’Afrique ». À titre d’exemple, le terme « explorateurs » fait partie des expressions contestées. La désignation des Européens entrés sur les territoires africains sera ainsi remplacée par celle d’« envahisseurs ».

La même source indique qu’il existe « une volonté de décoloniser les contenus éducatifs, le récit des faits de la période coloniale et la nature des relations entre l’Afrique et l’Europe », ainsi que de mettre fin à certaines parties des récits scolaires africains élaborés à partir de sources produites pendant ou après la période coloniale.

Les autorités burkinabè cherchent désormais à accorder davantage de place au rôle des acteurs africains, aux mouvements de résistance à la colonisation, aux savoirs locaux et à la réalité sociale et culturelle du pays.

Cette orientation s’inscrit dans le cadre d’une politique éducative plus large mise en œuvre par les autorités burkinabè depuis plusieurs mois. Le gouvernement avait déjà annoncé une révision des programmes et des supports pédagogiques afin d’y intégrer davantage de contenus liés à la réalité culturelle, sociale et historique des communautés locales, tout en renforçant les programmes d’éducation civique et nationale.

En juillet 2026, plus de 65 000 nouveaux bacheliers ont participé à la deuxième session du programme d’« immersion nationale obligatoire », organisé par le gouvernement burkinabè. Celui-ci vise à renforcer les valeurs de discipline et de responsabilité, à permettre aux jeunes d’approfondir leur connaissance de l’histoire du Burkina Faso et de mieux comprendre les défis géopolitiques et sécuritaires auxquels le pays est confronté, ainsi qu’à développer leur conscience de leurs responsabilités envers la nation.