Nation

Élections locales : les partis contraints de remplacer les candidats rejetés

Cette situation ravive le scénario des dernières élections législatives

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Les partis politiques sont en état d’alerte pour remplacer les candidats dont les dossiers ont été rejetés par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), dans une tentative de préserver leurs listes électorales et d’éviter leur exclusion de la course électorale, en prévision des élections locales prévues le 28 novembre prochain.

L’ANIE a commencé à notifier aux partis politiques les décisions de rejet des dossiers de certains candidats figurant sur les listes déposées pour les prochaines élections locales. Dans le même temps, les formations politiques se mettent à la recherche de candidats de remplacement afin de compléter leurs listes conformément aux conditions légales requises.

Cette situation remet au premier plan le scénario lié à l’article 200 de la loi électorale, qui a entraîné, il y a seulement quelques mois, l’exclusion d’un grand nombre de personnes souhaitant se porter candidates aux élections législatives, au motif de liens présumés avec l’argent sale et des milieux suspects.

Les partis politiques espéraient que les prochaines élections locales seraient marquées par davantage de souplesse dans le traitement des dossiers de candidature, afin d’éviter la répétition des exclusions enregistrées lors des précédentes élections législatives. Les formations politiques ont déposé leurs listes de candidats le 8 octobre courant, date limite de dépôt des dossiers de candidature auprès des délégations de l’ANIE.

Depuis cette date, l’Autorité a entamé l’examen des dossiers, en commençant par vérifier qu’ils remplissent les conditions administratives requises, avant de passer à la phase des enquêtes menées par les services de sécurité compétents. Celles-ci portent sur l’examen des dossiers des candidats et de leur comportement, ainsi que sur la vérification du respect des conditions légales exigées pour se porter candidat.

Dans ce contexte, l’article 183 de la loi électorale, dans sa version amendée, prévoit que la décision de rejet d’une candidature ou d’une liste de candidats doit être notifiée dans un délai de dix jours à compter de la date de dépôt de la déclaration de candidature. La décision de rejet doit obligatoirement être motivée en droit. Le même article précise qu’à défaut de notification d’une décision de rejet dans ce délai, la candidature est considérée comme acceptée.

À l’expiration du délai légal prévu pour notifier les décisions de rejet, les partis politiques se retrouvent confrontés au défi de régulariser la situation de leurs listes et de remplacer les candidats dont les dossiers ont été rejetés, conformément aux procédures et aux délais légaux en vigueur, afin de préserver leurs listes et de garantir leur maintien dans la compétition électorale.

La loi organique relative au régime électoral accorde aux candidats dont les dossiers ont été rejetés le droit de contester les décisions de l’ANIE, selon des procédures et des délais judiciaires précis.

L’article 183 prévoit que la décision de rejet d’une candidature, qui doit être juridiquement motivée, soit notifiée dans les dix jours suivant le dépôt de la déclaration de candidature. Passé ce délai sans notification d’une décision de rejet, la candidature est considérée comme acceptée.

Les personnes concernées peuvent contester la décision devant le tribunal administratif territorialement compétent dans un délai de trois jours francs à compter de sa notification. Le tribunal statue sur le recours dans les quatre jours suivant son dépôt.

Le jugement du tribunal administratif peut également faire l’objet d’un recours devant la cour administrative d’appel territorialement compétente, dans un délai de trois jours francs à compter de la notification du jugement. Cette dernière doit statuer sur le recours dans les quatre jours suivant son dépôt. Sa décision est définitive et ne peut faire l’objet d’aucune forme de recours.

Les jugements et décisions sont notifiés dès leur prononcé aux parties concernées ainsi qu’au coordinateur de wilaya de l’Autorité indépendante, aux fins de leur exécution.

Les décisions de rejet des dossiers de candidature contraignent les listes concernées à rechercher des candidats de remplacement, dans un contexte marqué par des délais légaux stricts et une forte pression temporelle. Les partis sont ainsi confrontés au défi de compléter leurs listes dans un laps de temps très court, notamment au regard des difficultés rencontrées pour recruter des candidats et réunir leurs dossiers.

Parmi les principaux défis auxquels les partis politiques sont confrontés figure le respect des quotas légaux imposés à certaines catégories, afin de garantir la recevabilité formelle des listes. Il s’agit notamment de réserver la moitié des places aux jeunes de moins de 40 ans, un tiers aux universitaires et un tiers aux femmes. L’ANIE peut toutefois accorder une dérogation aux listes qui n’ont pas réussi à satisfaire à la condition de représentation des femmes.