Nation

Élections locales : les partis face à la désaffection des jeunes et aux craintes d’exclusion

À quelques jours de l’expiration du délai de dépôt des dossiers de candidature

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Les partis politiques et les listes indépendantes dans plusieurs wilayas de l’Est sont entrés dans une phase décisive pour finaliser les listes de candidatures en prévision des élections locales prévues le 28 novembre prochain, dans une course contre la montre avant l’expiration du délai de dépôt des dossiers, fixé au 8 octobre à minuit.

Alors que certaines formations ont bien avancé dans l’élaboration de leurs listes, d’autres rencontrent des difficultés à attirer des candidats, notamment des jeunes et des universitaires, en plus de la crainte des exclusions et du contrôle des parcours. Cela a poussé certains partis à revenir à des noms ayant déjà participé à des compétitions électorales.

À Constantine, les partis se livrent à une course organisationnelle pour finaliser et ordonner leurs listes de candidatures, à l’approche de l’expiration des délais légaux, avec une tendance à intégrer d’anciens élus aux côtés de nouveaux visages. Des formations, parmi lesquelles le Rassemblement national démocratique (RND), le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le Front El Moustakbal, s’emploient à finaliser les aspects administratifs et à revoir leurs listes avant leur dépôt.

Au niveau des 12 communes, la commission indépendante de surveillance des élections n’a reçu, à la commune de Hamma Bouziane, que les listes du Mouvement El Bina El Watani et du Front de libération nationale (FLN), dans l’attente de la finalisation des autres listes au cours des dernières heures et des derniers jours.

En revanche, les difficultés à trouver des candidats parmi les jeunes, notamment ceux âgés de moins de 40 ans, se font de plus en plus sentir, alors que les partis recherchent de jeunes compétences remplissant les conditions de candidature.

500 dossiers de candidature
À Sétif, 500 dossiers de candidature aux élections communales ont été retirés. La wilaya de Sétif compte 60 communes, auxquelles s’ajoutent 15 dossiers pour les élections de l’Assemblée populaire de wilaya, entre listes partisanes et listes indépendantes. Bien que le retrait d’autres formulaires reste possible, ce nombre se rapproche du bilan final, sachant que la plupart des partis actifs ont commencé à finaliser leurs listes.

Selon des sources internes aux partis, ces derniers rencontrent des difficultés à convaincre certains cadres de se présenter aux élections, en raison des craintes liées aux opérations de contrôle et aux exclusions, ce qui pousse certaines compétences à hésiter à déposer leurs dossiers.

Le retour des anciens visages
À El Tarf, l’article 184 de la loi électorale a pesé sur l’élaboration des listes partisanes et indépendantes, notamment après l’exclusion de plusieurs candidats lors des dernières élections législatives. Cette situation a conduit certains concernés à retirer leurs dossiers afin d’éviter que le scénario de l’exclusion ne se répète, tandis que des directions de partis ont donné des instructions locales pour ne pas prendre le risque de présenter des noms ayant déjà été écartés.

Cette situation coïncide avec une désaffection notable des élites universitaires et des jeunes compétences, ainsi que de certains présidents d’assemblées populaires communales en exercice, à l’égard de la candidature, contraignant certaines formations à revenir à des noms de l’ancienne garde, habitués à participer aux différentes échéances électorales.

La concurrence autour des noms socialement acceptés a également accentué les tensions au sein de certaines structures partisanes et listes indépendantes, sur fond de plaintes concernant des tentatives d’attirer certains candidats et d’en remplacer d’autres susceptibles d’être écartés en vertu des dispositions de l’article 184.

Les absences quasi générales des élus et des présidents d’APC lors de la première journée de la dernière session de l’Assemblée populaire de wilaya ont également suscité un débat local, avant que plusieurs d’entre eux ne se présentent dès le deuxième jour, à la suite d’une instruction stricte demandant l’établissement d’une liste des absents, ce qui a fait craindre une éventuelle utilisation de ces absences lors de l’examen des dossiers de candidature.

Les communes montagneuses en première ligne
À Jijel, les partis et les listes indépendantes rencontrent des difficultés à finaliser plusieurs listes, notamment dans les communes montagneuses, avec une faible affluence des candidats à trois jours de l’expiration du délai de dépôt.

Les représentants de certaines formations ont confirmé que la réticence des citoyens à se porter candidats était devenue le principal obstacle, au point que des partis traditionnels, parmi lesquels le Front de libération nationale et le Rassemblement national démocratique, éprouvent des difficultés à constituer des listes dans certaines communes où ils assuraient leur participation lors des précédentes échéances.

Des observateurs lient également cette situation au durcissement des contrôles effectués par les partis sur les parcours des candidats, afin d’éviter le rejet de leurs dossiers par l’Autorité nationale indépendante des élections, ainsi qu’au refus de personnes ayant déjà été exclues de renouveler l’expérience.

Une présence accrue des jeunes
Tébessa présente une situation relativement différente, avec l’émergence d’un nombre appréciable de jeunes visages sur les listes de candidatures, parallèlement au maintien de noms ayant acquis une expérience dans les élections et l’action politique locale.

Cette composition révèle une tentative d’instaurer un équilibre entre expérience et renouvellement, notamment avec l’entrée en lice de nouveaux noms qui n’étaient pas très présents lors des précédentes échéances, offrant ainsi aux électeurs un choix plus large au sein des assemblées populaires communales et de wilaya.

La crise des candidatures s’étend
À Biskra, 20 dossiers ont été retirés pour les élections communales, dont 5 listes indépendantes, ainsi que 14 dossiers pour les élections de l’Assemblée populaire de wilaya, tous présentés par des partis. Cinq dossiers concernant les élections communales ont été déposés. Dans la wilaya d’El Kantara, 5 dossiers ont été retirés pour les élections communales et 5 autres pour l’Assemblée populaire de wilaya, tous par des partis, sans qu’aucun dossier n’ait encore été déposé au moment de l’établissement de ce bilan. À Ouled Djellal, 7 dossiers communaux et 6 dossiers de wilaya ont été retirés.

Des responsables de partis à Biskra ont évoqué les difficultés à attirer les jeunes, notamment les universitaires, en raison des craintes d’exclusion.

Le Front de libération nationale a confirmé sa volonté d’être présent dans toutes les communes de la wilaya, en s’appuyant sur ses structures locales, tandis que le Rassemblement national démocratique a reconnu faire face à des difficultés plus importantes que lors des précédentes échéances.

De son côté, le Front El Moustakbal estime que la désaffection est passée du vote à la candidature, notamment chez les jeunes de moins de 40 ans et les universitaires. Le parti souligne la difficulté de compléter le tiers réservé aux universitaires dans les communes où les listes comptent 22 candidats, estimant son taux de couverture des communes à environ 60 %, en plus d’une liste pour l’Assemblée populaire de wilaya.

Ainsi, l’état des préparatifs dans ces wilayas montre que la bataille des partis avant les élections locales du 28 novembre ne porte pas uniquement sur l’organisation des listes et la finalisation des dossiers, mais également sur leur capacité à attirer de nouveaux visages, dans un contexte marqué par les craintes d’exclusion et la réticence d’une partie des jeunes et des compétences à se lancer dans la compétition.