Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelkrim Benmebarek, a mis en garde contre les répercussions des nouvelles menaces dans la région du Sahel sur la sécurité de l’ensemble de la région, soulignant qu’elles ne se limitent plus aux frontières des pays sahéliens, mais s’étendent désormais à la sécurité régionale dans son ensemble.
Lors d’une conférence spéciale consacrée à ce sujet, Benmebarek a justifié la position du parti en évoquant la progression des activités des groupes terroristes transfrontaliers, l’essor de la criminalité organisée, la prolifération des armes, les réseaux de contrebande et de migration clandestine, ainsi que les interventions étrangères qui ont contribué à compliquer la situation sécuritaire et à accroître sa fragilité.
Le FLN, qui a choisi d’aborder un thème d’une grande complexité dans une initiative inhabituelle, estime que la région du Sahel africain connaît aujourd’hui des transformations profondes et des défis sans précédent, marqués par la montée du terrorisme et des groupes extrémistes, l’effondrement de certaines institutions étatiques, l’intensification des interventions étrangères sous diverses prétextes, ainsi que l’aggravation des crises politiques, économiques et sociales.
Ces évolutions imposent, selon Benmebarek, aux pays voisins, en tête desquels l’Algérie, une vigilance constante et une vision stratégique à long terme, car elles ont fait du Sahel un foyer de tensions menaçant la sécurité collective de toute la région. Du fait de sa position géographique, de son enracinement africain et de son histoire de libération, l’Algérie n’est pas seulement concernée par ce qui se passe au Sahel, mais par le destin de la région dans son ensemble.
Bien que le diagnostic du parti soit jugé réaliste, il reste toutefois peu clair ce qui motive précisément l’émergence de ce thème et la nécessité de l’analyser, d’autant plus que l’Algérie joue déjà trois rôles centraux dans la région : la médiation pour mettre fin aux conflits, la conduite de la coopération régionale contre les menaces transfrontalières, et le financement de projets de développement pour soutenir les pays voisins via l’Agence algérienne de coopération internationale.
Dans le même ordre d’idées, le parti estime que la notion de sécurité nationale dépasse les dimensions traditionnelles pour inclure les aspects politiques, économiques, sociaux et développementaux, ce qui impose une lecture approfondie de l’environnement stratégique et une compréhension des défis pouvant impacter directement ou indirectement la sécurité du pays.
Benmebarek a rappelé que l’Algérie considère que la stabilité de la région ne peut être atteinte ni par des interventions étrangères, ni par l’imposition de solutions par la force, ni par la marginalisation de la volonté des peuples, ni par des pratiques non démocratiques. Il a souligné que la politique étrangère repose sur des principes tels que le respect de la souveraineté des États, le non-interventionnisme, le soutien aux solutions politiques pacifiques, l’encouragement du dialogue et de la réconciliation nationale, le refus de l’armement des crises et le refus de bases étrangères en Afrique.
Il a accusé ce qu’il a qualifié de nouveaux avatars du néocolonialisme, qui se dissimule sous des formes économiques, politiques et sécuritaires, et qui institutionnalise la dépendance et freine les véritables dynamiques de développement. Il a appelé à rompre avec les solutions imposées de l’extérieur et à adopter des approches strictement africaines, fondées sur les spécificités du continent et répondant aux aspirations des peuples à la liberté, à la dignité et au développement.
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