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Messages et avertissements du directeur central de la sécurité de l’armée au ministère de la Défense

Lors de la rencontre des chefs des services de renseignement des pays du Sahel et de la Méditerranée en Libye, à laquelle ont participé des représentants de l’Algérie, de la Turquie, du Soudan, de Malte, du Niger, de la Grèce, de l’Espagne, de la France, de l’Italie et de la Tunisie

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L’Algérie a adressé, lors de la réunion des chefs des services de renseignement militaire des pays du Sahel et de la Méditerranée pour l’année 2026, tenue hier à Tripoli (Libye), plusieurs messages d’avertissement par la voix de sa délégation participante, conduite par le général Abbas Ibrahim, directeur central de la sécurité de l’armée.

Dans son intervention télévisée, relayée par les médias libyens, Abbas a indiqué que cette rencontre constitue pour l’Algérie une opportunité importante de soutenir les frères en Libye et d’accompagner leurs efforts pour établir les bases d’un partenariat, ainsi que de discuter des questions sécuritaires avec les pays voisins, à travers une coordination dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière organisée et le trafic sous toutes ses formes.

La rencontre, à laquelle ont participé des représentants de l’Algérie, de la Turquie, du Soudan, de Malte, du Niger, de la Grèce, de l’Espagne, de la France, de l’Italie et de la Tunisie, et à laquelle a assisté le chef du Gouvernement d’unité nationale, Abdelhamid Dbeibah, permet également « d’échanger les visions et les analyses sur les transformations rapides que connaissent les contextes internationaux et régionaux », a ajouté le responsable militaire.

Lors de cette deuxième édition, Abbas a abordé la situation internationale, soulignant que le contexte géopolitique instable que connaît le monde ces derniers temps, ainsi que ses répercussions directes et indirectes, nécessitent un renforcement des efforts pour faire face aux menaces susceptibles d’affecter négativement notre environnement.

Compte tenu du caractère transnational des menaces actuelles, Abbas a averti que cette évolution dangereuse accentue la dégradation de la situation sécuritaire sur le continent africain, qui, selon lui, n’a jamais connu dans son histoire récente un tel nombre de foyers de tension et de crises, que ce soit dans la Corne de l’Afrique, la région des Grands Lacs, le Sahel ou l’Afrique du Nord.

Ces tensions ont contribué, poursuit-il, à l’augmentation des activités terroristes, du trafic d’armes, de l’exploitation illégale de l’or, de la traite des êtres humains ainsi que du trafic de drogue, étroitement lié, selon ses propos, au terrorisme.

Le responsable est également revenu sur les efforts sécuritaires de l’Algérie contre le terrorisme dans les années 1990, rappelant que le pays a réussi à faire face à la machine terroriste et à l’extrémisme violent, et à démanteler ses fondements idéologiques. Il a affirmé que l’Algérie poursuit ses efforts pour garantir sa sécurité nationale et soutenir les pays frères et amis dans leur lutte contre le terrorisme.

La délégation algérienne a également transmis aux chefs des services de renseignement des pays voisins de la Libye « la conviction de l’Algérie que sa sécurité et sa stabilité sont étroitement liées à celles de ses voisins ». À cet égard, il a évoqué les initiatives lancées par l’Algérie aux niveaux régional et continental, notamment une stratégie visant à tarir les sources de financement du terrorisme, fondée essentiellement sur la modernisation du cadre législatif national conformément aux normes internationales, avec un accent particulier sur la lutte contre les activités alimentant ce phénomène.

Selon lui, ces efforts ont été couronnés par l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1904, proposée par l’Algérie, criminalisant le paiement de rançons pour la libération des otages, considéré comme l’un des principaux moyens utilisés par les groupes terroristes pour financer leurs activités et renforcer leurs capacités opérationnelles.

Le général Abbas Ibrahim a également rappelé le rôle de l’Algérie, aux côtés de plusieurs pays voisins, dans la création du Comité d’état-major opérationnel conjoint pour la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, dont le siège est en Algérie. Il a souligné que l’Algérie a proposé une initiative visant à adapter et organiser les missions de ce mécanisme afin de lui permettre de jouer un rôle plus efficace dans l’assistance opérationnelle et sur le terrain face au terrorisme et à la criminalité organisée dans la région du Sahel-Sahara.

Enfin, Abbas a évoqué le soutien de l’Algérie aux structures et agences africaines spécialisées dans ce domaine, notamment le Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme, le mécanisme de coopération policière de l’Union africaine, le Comité africain du renseignement et de la sécurité, ainsi que l’Unité de fusion et de liaison, sans oublier la capacité régionale de l’Afrique du Nord.