Nation

Témoignages d’Algériens depuis le Moyen-Orient

Soudainement, l’atmosphère sécuritaire qui régnait dans les capitales du Golfe s’est dissipée, alors qu’elles figuraient auparavant parmi les régions les plus sûres au monde.

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Les Algériens résidant aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Jordanie, au Bahreïn, au Koweït et en Iran traversent des jours difficiles et sans précédent, en raison des frappes aériennes visant des capitales du Golfe, menées par Téhéran en riposte à la guerre déclenchée contre elle par les États-Unis et Israël.

Soudainement, l’atmosphère sécuritaire qui caractérisait les capitales du Golfe — parmi les régions les plus sûres du monde — s’est dissipée. « C’est ainsi que nous vivons désormais », explique un jeune Algérien installé à Dubaï, décrivant la situation qu’il traverse avec sa famille.

Des dizaines de drones arrivent depuis la mer d’Arabie — ou le golfe Persique, comme l’appelle Téhéran — tandis que de puissantes explosions retentissent et les sirènes d’alerte résonnent en permanence, alimentant une peur constante des bombardements.

Malgré cette atmosphère tendue, un agent d’import-export basé à Dubaï affirme que la situation n’a pas encore atteint un stade de panique générale ni provoqué une ruée vers les abris ou des départs massifs. Toutefois, les sorties familiales durant le Ramadan se sont nettement réduites, la majorité préférant rester chez elle et suivre les recommandations des autorités d’éviter les déplacements non essentiels.

Dans ces circonstances, de nombreux Algériens se retrouvent contraints de rester à domicile ou dans des espaces collectifs relativement éloignés des zones susceptibles d’être ciblées.

Le jeune homme précise qu’à ce stade, aucune blessure n’a été signalée au sein de la communauté algérienne, ni officiellement ni officieusement, bien que d’autres communautés étrangères aient enregistré des victimes. Il raconte observer régulièrement des drones dans le ciel et entendre les sirènes et explosions — « une guerre comme dans les films que nous regardions à la télévision ».

Il se veut néanmoins rassurant, évoquant les déclarations de Téhéran affirmant que les frappes ne visent pas les civils ni les zones densément peuplées, mais des sites utilisés par l’armée américaine. Cela aurait atténué les craintes immédiates des ressortissants algériens pour leur sécurité.

Cependant, si la situation ne relève pas encore de la panique, l’inquiétude grandit quant à l’avenir, notamment si le conflit se prolonge. Les préoccupations portent sur la stabilité professionnelle, les conditions de résidence et les projets personnels.

Selon lui, les conséquences pourraient rapidement se faire sentir à travers des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des services, notamment après la fermeture du détroit d'Ormuz, la perturbation des vols et la paralysie de nombreuses activités. Il souligne que les Émirats dépendent fortement du commerce international et du transport maritime.

À Dubaï, les autorités ont instauré le télétravail pour les administrations publiques et diffusent régulièrement des messages d’alerte invitant la population à limiter les déplacements, bouleversant ainsi le quotidien.

À Doha, un autre ressortissant algérien, travaillant dans l’hôtellerie, décrit une situation moins tendue qu’aux Émirats, bien que des frappes et sirènes aient été signalées ces derniers jours. Les Algériens résident principalement dans le quartier d’Al-Mansoura, jusqu’ici épargné.

Il estime que les projets familiaux liés à l’Aïd el-Fitr ont été perturbés par les reports et annulations de vols. Les ambassades algériennes dans la région ont, selon lui, mis en place des canaux de communication pour assister les ressortissants si nécessaire.

À Amman, l’atmosphère serait comparable. Un résident affirme que la situation est inédite depuis les guerres du Golfe, tout en reconnaissant que le contexte actuel est différent par son ampleur régionale.

Face à ces développements, les représentations diplomatiques algériennes dans les capitales concernées ont activé des dispositifs de contact et de suivi pour soutenir la communauté nationale.