Société

Oran : découverte des derniers secrets des cratères météoritiques en Algérie

« Tin Bider, Talemzane, Ouarkziz et Amguid »

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La docteure Ratiba Sahoui a révélé, dimanche, lors d’un colloque organisé à Oran sous le thème « Le patrimoine géologique et sa préservation », que l’Algérie compte quatre sites et cratères d’impact météoritique sur les trente recensés en Afrique.

Elle a notamment indiqué que le cratère de Ouarkziz, situé dans le désert de Tindouf, serait âgé d’environ 10 000 ans. Il s’agirait d’un cas géologique exceptionnel et de l’un des rares sites de transition de ce type sur Terre. Selon elle, cela justifierait la présentation d’une proposition visant à le classer parmi les plus beaux sites géologiques au monde nécessitant une protection particulière.

Dans son intervention intitulée « Les effets de l’impact des météorites sur la Terre », la chercheuse de l’Université de Bab Ezzouar a expliqué que sa proposition de classer le site de Ouarkziz, d’une superficie de 3,5 km, parmi les sites géologiques remarquables du monde repose notamment sur le fait qu’il serait le seul facilement accessible et directement étudiable, contrairement à d’autres sites de transition situés sous terre ou sous l’eau, tels que Kakagodi (Botswana), Baduk (Australie), Decatur (États-Unis), Lappajärvi (Finlande) et Paasselkä (Finlande).

La chercheuse a également précisé que l’étude des matériaux résiduels présents sur le site de Ouarkziz aurait permis d’établir que sa formation et la chute de la météorite sont relativement récentes, ne remontant pas à plus de 10 000 ans, contrairement à certaines études antérieures attribuées à la NASA américaine, qui estimaient son âge à environ 70 millions d’années.

Elle a souligné l’importance de poursuivre les recherches sur ce site, notamment en raison de la possibilité que la région puisse renfermer des minerais précieux ou des ressources énergétiques, telles que le pétrole et le gaz naturel.

La docteure Sahoui a également évoqué les autres sites algériens, considérés comme relativement bien protégés grâce à leur localisation dans de vastes zones désertiques, dépourvues de couverture végétale importante et éloignées des zones habitées. Le premier site aurait été découvert en 1955, tandis que les trois autres l’ont été entre 1963 et 1980.

Il s’agit notamment du cratère de Talemzane, situé dans la région de Hassi R’Mel, ainsi que des cratères de Tin Bider, daté d’environ 66 millions d’années, et d’Amguid, daté d’environ 65 millions d’années, selon les informations présentées par la chercheuse.

Des découvertes paléontologiques exceptionnelles à Zarzaitine

De son côté, la chercheuse Anissa Dahouman, de l’Université de Bab Ezzouar, a présenté les résultats de fouilles menées en 2019 sur un site situé dans la région d’In Amenas, près de la frontière libyenne, dans le bassin d’Illizi, appelé Zarzaitine.

Les fouilles ont permis de découvrir les restes d’une espèce d’amphibien ressemblant à un crocodile, aujourd’hui disparue, baptisée Temnospondyle. L’animal mesurait entre 1,20 et 1,70 mètre.

Les recherches ont également permis de mettre au jour une deuxième espèce, plus grande que la première, à laquelle a été donné le nom de Stenotosaurus Aït Ouali, en hommage à un spécialiste algérien. Les restes de cette espèce ne seraient connus que dans certains sites d’Allemagne et d’Angleterre.

La chercheuse a appelé à la nécessité de protéger ce site contre la dégradation et la disparition, afin qu’il puisse devenir un important lieu de tourisme scientifique et de recherche.

Un colloque consacré au patrimoine géologique

Pour rappel, le colloque a été marqué par plusieurs communications scientifiques ainsi que par une intervention d’Ahmed Chaâlal, recteur de l’Université d’Oran 2 Mohamed Ben Ahmed. Celui-ci a insisté sur l’importance de la Faculté des sciences de la Terre et de l’Univers dans la nouvelle stratégie algérienne visant à valoriser le secteur des mines et des ressources minérales.

Les organisateurs du colloque ont été encouragés à élaborer des recommandations scientifiques et à les transmettre aux hautes autorités afin de contribuer à la prise de décision politique et à l’élaboration de la législation dans le domaine minier.

Le colloque a également enregistré la participation du groupe Sonatrach ainsi que du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG).

Le doyen de la faculté, Sayeh Menhouji, a pour sa part salué les efforts des organisateurs, sous la supervision du docteur Cheikh Younès Mahboubi, ainsi que du Laboratoire de paléontologie, de stratigraphie et des paléoenvironnements, dirigé par M. Wali Mahadji Abdelkader.

Enfin, une convention de coopération a été signée entre l’Université d’Oran 2 Mohamed Ben Ahmed et l’Institut hydrométéorologique de formation et de recherche.