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Le NAHD, le club dont le nom ne manque jamais les Coupes du monde

De Madjer à Tougaï et Belaïd, l’histoire d’une école qui ne cesse de former des talents.

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Coincé entre un immeuble et un petit bois, le stade Ben Siam, centre de formation du NA Hussein Dey, continue d’écrire l’histoire en fournissant des talents à la sélection nationale, alors même que le club traverse probablement l’une des périodes les plus difficiles de son histoire.

Le sélectionneur national, Vladimir Petković, a dévoilé hier la liste définitive des joueurs retenus pour la Coupe du monde 2026, la cinquième participation de l’Algérie à un Mondial. Parmi les convoqués figurent Mohamed Amine Tougaï et Zineddine Belaïd, deux purs produits de l’école du NAHD. Le club devient ainsi le seul en Algérie à avoir fourni des joueurs issus de sa formation lors des quatre participations de l’Algérie à la Coupe du monde.

L’histoire a commencé avec la génération légendaire qui avait battu l’Allemagne lors du Mondial espagnol de 1982. Le NA Hussein Dey avait alors contribué avec pas moins de cinq joueurs : le gardien Yacine Bentalaa, Mahmoud Guendouz, Chaâbane Merzekane, le capitaine Ali Fergani et Rabah Madjer.

Parmi eux, quatre étaient titulaires. Le tout premier but inscrit par l’Algérie en Coupe du monde fut d’ailleurs l’œuvre de Rabah Madjer à la 54e minute de cette rencontre historique.

Lors du Mondial mexicain de 1986, la contribution du club fut réduite à trois joueurs : Mahmoud Guendouz, alors sociétaire du club d’El Biar, Rabah Madjer, qui évoluait au FC Porto, ainsi que le gardien Larbi El Hadi.

Au Mondial sud-africain de 2010, le NAHD fut représenté par le défenseur Rafik Halliche, qui participa également à l’édition brésilienne de 2014 et inscrivit un but lors du match spectaculaire face à la Corée du Sud.

Cet accomplissement fait du club du « Sang et Or » un cas unique dans l’histoire du football algérien, mais également l’un des clubs les plus victimes de l’ingratitude et du manque de reconnaissance.

Les anciens supporters se souviennent encore qu’au début des années 1980, le NA Hussein Dey a payé un lourd tribut à l’équipe nationale, sacrifiant plusieurs titres au profit des Verts.

« Nous avons perdu au moins cinq titres, entre championnat et Coupe d’Algérie, durant cette période », raconte Rachid M., fidèle supporter du club. « À chaque stage de l’équipe nationale, jusqu’à neuf joueurs du NAHD étaient convoqués. À l’époque, il n’existait ni dates FIFA ni reports de matches. Le club devait parfois jouer avec ses juniors contre des équipes redoutables comme la JS Kabylie. »

Il poursuit : « L’ancien sélectionneur national, feu Khalef Mahieddine, avait déclaré un jour qu’il avait presque honte de ne pas aligner tous les joueurs du NA Hussein Dey en équipe nationale tant ils étaient nombreux et talentueux. »

Le supporter cite également la finale de la Coupe d’Algérie 1982, perdue face à la DNC Alger : « Imaginez, nous avions été privés de Madjer, Guendouz, Bentalaa, Merzekane et même Maïche, convoqué avec les Espoirs. Et comme si cela ne suffisait pas, le club avait reçu la veille de la finale un fax de la Fédération annonçant la suspension d’Ahmed Aït El Hocine, alors qu’il n’était même pas suspendu. »

Malgré cet héritage exceptionnel, le club se trouve aujourd’hui dans une situation délicate, luttant pour sa survie avec très peu de soutien. Pendant que d’autres clubs bénéficient d’aides importantes depuis plus d’une décennie, le NA Hussein Dey continue pourtant de voir ses anciens pensionnaires porter les couleurs nationales.

La formation demeure inscrite dans l’ADN du club. Avec davantage de soutien, il pourrait contribuer encore plus au football algérien et réduire la dépendance de la sélection nationale aux centres de formation étrangers. Pourtant, les appels lancés par les anciens joueurs, les supporters et de nombreux observateurs en faveur d’une relance des clubs formateurs, à commencer par le NA Hussein Dey, restent jusqu’à présent sans réponse.