Sports

Nouveaux détails sur l’affaire Aït-Nouri

De la réunion technique avant le match à l’incident avec Saïb et Antar Yahia, jusqu’à la décision de l’écarter du reste du stage avec l’accord de Walid Sadi

  • 515
  • 5:04 Min

Des sources d’« El Khabar » ont révélé de nouveaux détails concernant l’affaire de Rayan Aït-Nouri, qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité une large polémique, après la décision de le libérer du stage de l’équipe nationale à la suite du match contre la Zambie. L’incident, qui avait commencé avant la rencontre, s’est finalement soldé par la décision de l’écarter du reste du stage.

Selon nos sources, l’affaire remonte à la réunion technique tenue le matin du match dans l’un des hôtels de Tizi Ouzou. Aït-Nouri n’aurait pas accepté le choix de titulariser Jaouen Hadjam à sa place et aurait clairement montré son mécontentement face à cette décision, avant de s’isoler et de refuser de parler jusqu’à l’arrivée au stade Hocine Aït Ahmed.

Au début de la seconde période, le joueur de Manchester City figurait parmi les quatre joueurs auxquels le sélectionneur national, Ibrahim Hamdani, avait demandé de s’échauffer en prévision d’une entrée en jeu. Son adjoint, Antar Yahia, lui avait ensuite demandé de se préparer à entrer. Hemdani est toutefois revenu sur cette option et a finalement décidé de faire entrer Adel Boulbina au poste d’ailier gauche.

Ce choix semblait intervenir en réaction aux chants des supporters présents au stade Hocine Aït Ahmed, qui réclamaient l’entrée de l’attaquant du club d’Al-Diriyah. C’était à la 71e minute, soit seulement cinq minutes après le but de l’ouverture du score inscrit par Mohamed Amine Amoura pour les « Verts ». Ces chants ont également profondément affecté Amoura qui, après avoir été une nouvelle fois privé de but, a laissé couler ses larmes au coup de sifflet final.

Cette minute 71, selon nos sources, a constitué un tournant dans l’attitude d’Aït-Nouri, qui n’aurait pas accepté ce qu’il a considéré comme un changement de décision concernant son entrée en jeu, alors qu’il avait déjà commencé à s’échauffer. Il convient de rappeler que le joueur traverse également une période compliquée avec son club de Manchester City et son entraîneur Maresca, ce qui aurait pu contribuer à exacerber son état de colère.

Aït-Nouri s’est alors dirigé vers le banc de touche dans un état de grande colère et a refusé de poursuivre son échauffement, après avoir perdu son sang-froid et vivement réagi aux décisions de ses entraîneurs. La situation s’est poursuivie une fois qu’il s’est assis sur le banc, dans une scène filmée par un amateur depuis les tribunes. Cette vidéo allait par la suite servir d’élément à charge contre lui.

À ce moment-là, le manager de l’équipe nationale, Moussa Saïb, s’est approché de lui pour tenter de le calmer et de le convaincre de reprendre son échauffement, en prévision d’une éventuelle entrée en jeu, Hemdani ayant déjà effectué quatre changements et disposant encore d’une cinquième possibilité.

Mais, selon nos sources, Aït-Nouri lui aurait répondu de manière sèche et sur un ton dur, en lui disant : « Ne me parle pas. » Antar Yahia s’est alors approché de Moussa Saïb et lui a demandé de se retirer afin d’éviter une escalade de la situation. Aït-Nouri serait toutefois de nouveau entré dans une vive colère et aurait lancé, dans des propos qui semblaient adressés à Antar Yahia : « Toi… dégage. »

Au coup de sifflet final, et avant que Hemdani ne se rende à la conférence de presse, ce dernier s’est rapidement entretenu avec son adjoint et le manager Moussa Saïb. Ils ont échangé au sujet de ce qui venait de se produire et ont demandé à Hamdani d’éviter d’entrer dans les détails de l’affaire au cas où une question lui serait posée lors de la conférence de presse.

De fait, Hemdani n’est pas entré dans les détails de l’incident, se contentant d’affirmer que l’équipe nationale était là pour défendre ses intérêts et que le staff prendrait les mesures nécessaires en cas de comportements inappropriés.

Les trois hommes ont convenu, toujours selon nos sources, de tenir une réunion urgente dès leur retour du stade Hocine Aït Ahmed au Centre technique national de Sidi Moussa, afin de prendre une décision définitive concernant le joueur.

Durant le trajet vers Sidi Moussa, ainsi qu’auparavant dans les vestiaires, Aït-Nouri est resté calme et n’a, selon nos sources, manifesté aucune autre réaction.

Après leur arrivée au Centre technique national, Hemdani, Antar Yahia et Moussa Saïb se sont réunis et sont parvenus à la conclusion qu’il était nécessaire d’écarter Aït-Nouri du reste du stage. Les trois hommes ont considéré que ce qui s’était produit constituait un dépassement qui ne pouvait être contenu et que le maintien du joueur aurait placé le staff dans une situation difficile vis-à-vis de l’opinion publique et des autres joueurs, tout en portant gravement atteinte à sa crédibilité.

Le président de la Fédération algérienne de football, Walid Sadi, a rejoint la réunion et a demandé à connaître l’avis du trio sur l’affaire. Il lui a été indiqué qu’ils étaient tous les trois favorables à la décision d’écarter le joueur, du moins pour le stage en cours. Sadi n’a alors fait que donner son feu vert à la formalisation de cette décision.

Selon nos sources, cette décision ne constitue pas une exclusion définitive d’Aït-Nouri de l’équipe nationale. Elle concerne, à tout le moins, le stage actuel. C’est ce qui expliquerait l’emploi, dans le communiqué officiel de la Fédération algérienne de football publié le lendemain, de l’expression « libération du joueur du stage ».

Une fois la décision prise, la direction de l’équipe nationale a entamé les démarches administratives nécessaires, notamment l’organisation du billet d’avion du joueur pour son retour en France, puis en Angleterre.

Nos sources ajoutent que Moussa Saïb s’est chargé d’informer Aït-Nouri de la décision. Il s’est rendu dans la chambre du joueur et s’est entretenu avec lui, lui précisant notamment que la mesure avait reçu l’accord et l’aval du président de la Fédération algérienne de football, Walid Sadi.

Selon les mêmes sources, Aït-Nouri ne se serait pas opposé à la décision et aurait quitté le Centre de Sidi Moussa dans le calme, mettant ainsi fin à sa participation au stage actuel, avec l’espoir que son aventure avec la sélection première ne s’achève pas de cette manière décevante.