Les participants aux travaux de la première université d’été des journalistes algériens ont estimé que la lutte contre les guerres narratives ne devait plus se limiter à répondre aux informations trompeuses après leur diffusion, mais nécessitait désormais la mise en place d’un journalisme préventif, professionnel, rapide, fiable et capable de produire l’information et d’influencer l’environnement numérique.
Dans un communiqué final rendu public lundi, à l’issue des travaux de cette université d’été organisée à Oran sous le thème « Les médias nationaux face aux guerres narratives », des journalistes, professionnels des médias, experts, enseignants et spécialistes de l’information, de la communication et des transformations numériques ont souligné que la nature du travail journalistique avait profondément changé, sous l’effet croissant des réseaux sociaux et de la multiplication de la désinformation, des fausses nouvelles, des faux comptes et des contenus falsifiés, ainsi que des répercussions du développement rapide de l’intelligence artificielle sur la production de l’information et des contenus médiatiques.
Les participants ont souligné que la force des médias nationaux reposait d’abord sur le professionnalisme, estimant que la défense de la vérité passe essentiellement par le respect de l’éthique professionnelle, la vérification des informations, le recours à des sources fiables, une distinction claire entre faits et opinions et le refus de relayer des contenus non vérifiés, quelle que soit leur ampleur ou leur viralité.
Ils ont également considéré que l’indépendance professionnelle des médias constituait une condition essentielle pour préserver la confiance du public et la crédibilité de la presse. La lutte contre la désinformation, ont-ils insisté, ne saurait se faire au détriment des standards professionnels ni du droit du public à accéder à une information exacte et équilibrée.
Dans ce contexte, les participants ont estimé que le journaliste algérien était aujourd’hui appelé à développer ses outils professionnels et technologiques et à acquérir de nouvelles compétences dans le domaine de la vérification numérique, de l’analyse des données et des sources ouvertes, de l’authentification des images et des vidéos, ainsi que du suivi des comptes et contenus numériques, tout en comprenant les mécanismes de fonctionnement des algorithmes et des réseaux sociaux.
L’université d’été a également insisté sur l’importance de s’adapter à l’intelligence artificielle, considérée comme une transformation technologique profonde touchant les différentes étapes du travail journalistique. Elle a préconisé l’élaboration de règles professionnelles et éthiques claires encadrant son utilisation, afin de garantir qu’elle soit mise au service du journaliste et de la vérité et d’empêcher son exploitation pour produire des informations ou des contenus falsifiés et trompeurs.
Les participants ont, par ailleurs, relevé que la construction d’un récit médiatique national influent supposait la capacité de présenter une narration fondée sur les faits, les documents et les données, dans un style professionnel capable d’atteindre le public en Algérie comme à l’étranger.
Ils ont appelé, dans ce cadre, à renforcer la coopération entre les médias, l’université, les centres de recherche et les experts dans les domaines de la technologie et de la communication, afin de développer les outils de veille, de vérification et de formation, tout en soulignant que toute coopération institutionnelle devait préserver l’indépendance du travail journalistique et les principes de la profession.
À la clôture des travaux, l’Organisation nationale des journalistes algériens a souligné que cette initiative ne devait pas rester une activité ponctuelle, mais constituer le début d’un processus continu de formation, de dialogue et d’échange d’expériences. Elle a appelé à transformer les recommandations issues de cette université en un programme d’action au service du journaliste algérien et visant à renforcer la capacité des médias nationaux à faire face aux mutations à venir.
Dans son communiqué final, l’Organisation nationale des journalistes algériens a également renouvelé ses condoléances aux victimes des récents incendies et salué les efforts des hautes autorités du pays ainsi que leur réaction rapide face à la situation et leur mobilisation aux côtés des familles touchées.
Elle a enfin réaffirmé son soutien total aux journalistes palestiniens ainsi qu’aux prisonniers politiques sahraouis.
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