Lors du concours de langue coréenne 2026, organisé jeudi soir au Palais de la culture Moufdi-Zakaria à Alger, la langue coréenne n’a pas été un simple sujet de compétition. Elle s’est transformée en un moyen de faire connaître l’identité, le patrimoine et les traditions sociales de l’Algérie, dans le cadre d’une initiative culturelle alliant apprentissage des langues et rapprochement entre les peuples. L’événement s’inscrit dans le cadre de la Semaine de la Corée 2026, organisée par l’ambassade de la République de Corée du Sud en Algérie.
Le concours a réuni huit candidates algériennes, qui ont présenté en coréen des exposés autour du thème « La culture algérienne que je souhaite faire découvrir aux Coréens ». Elles ont ainsi abordé différentes facettes du patrimoine national, dans le but de faire connaître la société algérienne au public coréen à travers sa langue.
La compétition ne s’est pas limitée aux prestations individuelles. Le programme de cette édition a également intégré une nouvelle épreuve sous forme de débat, au cours duquel les participantes ont échangé leurs points de vue sur différents sujets, notamment Séoul face à Busan, le tteokbokki face au kimbap, ainsi que la tradition face à la modernité. Ces débats ont permis d’évaluer leurs capacités d’expression, d’argumentation et d’interaction en coréen.
Dans son allocution, l’ambassadeur de la République de Corée en Algérie, Min Kyung-tae, a établi un lien entre l’apprentissage de la langue coréenne et l’attachement à l’identité nationale, une valeur que partagent, selon lui, l’Algérie et la Corée. Il a évoqué le 580e anniversaire de la création de l’alphabet coréen « hangeul », célébré chaque année en Corée le 9 octobre.
L’ambassadeur a expliqué que le roi Sejong avait créé cet alphabet afin de permettre au plus grand nombre de lire et d’écrire, à une époque où ces capacités étaient réservées à une catégorie limitée de la population. L’objectif était de donner à chacun la possibilité d’exprimer ses idées et de faire entendre sa voix.
Min Kyung-tae est également revenu sur la période de colonisation qu’a connue son pays, lorsque la langue coréenne avait été exclue des écoles. Des chercheurs qui travaillaient clandestinement à l’élaboration du premier grand dictionnaire coréen avaient alors été arrêtés, certains étant morts en prison, avant que leurs manuscrits ne soient retrouvés après la libération.
Pour l’ambassadeur, cette expérience historique revêt une signification particulière en Algérie, compte tenu du lien étroit entre la langue, l’identité et la mémoire collective. Il a souligné que la langue n’est pas seulement un moyen de communication, mais aussi l’un des outils par lesquels un peuple préserve sa singularité et son identité.
Le diplomate a exprimé son admiration pour les Algériens qui apprennent le coréen, notamment ceux qui étudient seuls, parfois sans cours ni enseignants. Il a salué la patience, la persévérance et la détermination que demande cet apprentissage, tout en affirmant que l’ambassade poursuivra son soutien à l’enseignement de la langue coréenne en Algérie.
Le patrimoine algérien vu par des locutrices du coréen
Les prestations individuelles ont illustré la diversité des approches permettant de présenter la culture algérienne à un public étranger. Les candidates sont passées d’une présentation générale du pays à des aspects de la vie quotidienne et à des symboles culturels propres à la société algérienne.
Dans l’un des exposés, une candidate a souligné que l’Algérie ne saurait être réduite à son vaste désert. Le pays se distingue par sa diversité naturelle et culturelle, qui s’étend du littoral au Sud, chaque région conservant ses propres coutumes, traditions et spécialités culinaires, au sein d’une identité nationale commune.
La culture des salutations dans la société algérienne a également été abordée. Dans de nombreuses situations, les échanges de salutations et les questions sur la santé et les nouvelles de la famille précèdent les discussions sur le travail et les affaires, illustrant ainsi la place des relations humaines dans la vie quotidienne.
Une autre participante a consacré une partie importante de son exposé aux vêtements traditionnels féminins. Elle a notamment évoqué le haïk, vêtement blanc historiquement associé à la femme algérienne, ainsi que le karakou, connu pour ses broderies et ses ornements. Le pantalon traditionnel et les bijoux portés par la mariée lors des cérémonies ont également été présentés.
La musique et la gastronomie traditionnelles ont complété ce tableau culturel, à travers des références au chaâbi, au couscous et aux pâtisseries, considérés comme des éléments essentiels des célébrations de mariage. Le service des repas dépasse alors la simple fonction d’hospitalité pour devenir une marque de considération et de reconnaissance envers les invités.
Ces présentations mettent en évidence le rôle de la langue dans la transmission du patrimoine culturel vers de nouveaux horizons. Il ne s’agit pas seulement de traduire les noms des vêtements et des coutumes, mais aussi d’en expliquer les significations et les dimensions sociales et historiques, afin de favoriser une compréhension de la culture algérienne dans son véritable contexte.
À l’issue des délibérations du jury, Mona Yekrelaf a remporté la première place, suivie de Feriel Boukenna en deuxième position et d’Asma Zouaoui en troisième position.
Pour rappel, ce concours s’inscrit dans le cadre de la Semaine de la Corée 2026, qui a été marquée ces dernières semaines par des activités de découverte de la cuisine coréenne, des animations autour de la musique K-pop et la célébration de la fête nationale de la Corée du Sud. Ce programme culturel suscite l’intérêt du public algérien pour la culture coréenne. La semaine s’achèvera avec le Festival du film coréen, prévu le 7 novembre prochain.
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