Culture

Le livre de Sansal a-t-il réalisé des ventes records ?

Une campagne promotionnelle de plus de 500 000 euros lui a été consacrée

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Le milliardaire français d’extrême droite Vincent Bolloré, propriétaire des éditions Grasset, a mobilisé d’importants moyens financiers ainsi que ses chaînes de télévision et ses journaux pour promouvoir La Légende, le livre de Boualem Sansal dans lequel l’écrivain relate son séjour en prison en Algérie. Mais le succès commercial attendu n’a finalement pas été au rendez-vous.

Boualem Sansal a multiplié les apparitions médiatiques, participant à de nombreuses émissions de télévision et accordant plusieurs entretiens. La chaîne CNews, appartenant à Vincent Bolloré, a même consacré une journée entière à la promotion de l’ouvrage, paru le 2 juin.

Malgré cette forte exposition médiatique, les ventes sont restées en deçà des attentes. Selon l’hebdomadaire français Le Canard Enchaîné, le livre n’a écoulé qu’environ 15 000 exemplaires durant sa première semaine de commercialisation.

La publication révèle également que Vincent Bolloré aurait consacré un budget promotionnel de 500 000 euros à l’ouvrage. Un investissement conséquent qui contraste avec les résultats obtenus, jugés modestes au regard de l’ampleur de la campagne de communication.

L’hebdomadaire compare notamment ces chiffres à ceux du livre Journal d’un détenu de Nicolas Sarkozy, publié après son placement en détention dans le cadre de l’affaire du financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007. Cet ouvrage s’était vendu à 90 000 exemplaires lors de sa première semaine.

Selon la même source, les ventes du livre de Boualem Sansal se sont principalement concentrées dans les quartiers aisés de Paris ainsi que dans quelques grandes villes françaises.

Pour rappel, Boualem Sansal avait été arrêté le 16 novembre 2024 à son arrivée à l’aéroport d’Alger, à la suite de déclarations accordées à un média français en ligne dans lesquelles il remettait en cause les frontières occidentales de l’Algérie. Condamné par le tribunal de Dar El Beïda à cinq ans de prison, il a finalement été libéré en novembre 2025 dans le cadre d’une grâce présidentielle accordée à la suite d’une demande formulée par les autorités allemandes.