Le Prix international de la fiction arabe a été décerné, aujourdhui, au roman « Je lutte contre le courant du fleuve » de l’écrivain Saïd Khatibi, lauréat de l’édition 2026. Cette annonce a été faite lors d’une diffusion virtuelle au cours de laquelle le président du jury, Mohamed Al-Qadhi, a révélé l’œuvre gagnante.
Le roman a été sélectionné parmi 137 œuvres en compétition pour cette édition, incluant des ouvrages publiés entre juillet 2024 et juin 2025, pour être couronné meilleur roman de cette période.
L’histoire se déroule autour de deux récits parallèles à Alger. Le premier suit une ophtalmologue qui recourt à des cornées volées sur des cadavres pour rendre la vue à ses patients, mais qui est ensuite accusée du meurtre de son mari. Le second récit s’entrelace avec celui de son père, ancien membre de la résistance algérienne, confronté à des accusations de trahison nationale.
À travers l’entrelacement narratif, le roman retrace les transformations de l’histoire algérienne, depuis la Seconde Guerre mondiale, en passant par la guerre de libération, jusqu’à la décennie noire, tout en mettant en lumière les répercussions de ces périodes sur la société.
Saïd Khatibi a expliqué que le personnage principal, la docteure Akila, porte une dimension symbolique : son rôle ne se limite pas à sauver les patients de la cécité, mais s’étend à la quête de vérité au sein d’une société marquée par les blessures du passé. Il souligne que partir d’un crime individuel constitue une porte d’entrée pour comprendre un « crime plus vaste » vécu par la société pendant des décennies.
De son côté, Mohamed El Kadi a décrit le roman comme un voyage narratif captivant qui relit l’histoire sous un angle différent, où les identités individuelles s’entremêlent avec la mémoire collective, dans une langue à la fois simple et profonde, avec des personnages oscillant entre fragilité et dureté.
Yasser Suleiman, président du conseil d’administration du prix, a également indiqué que le roman adopte une forme policière trompeuse, utilisée par l’auteur pour explorer des trajectoires complexes de l’histoire contemporaine de l’Algérie, de la guerre d’indépendance jusqu’au début des années 1990.
Saïd Khatibi, romancier et journaliste algérien résidant en Slovénie, est considéré comme l’une des voix littéraires contemporaines les plus importantes. Il a déjà remporté plusieurs prix pour ses œuvres, dont « Quarante ans en attendant Isabelle » et « La fin du désert ». Cette distinction marque une étape importante dans sa carrière, étant la deuxième fois qu’il atteint des phases avancées de la compétition.
La liste courte de cette édition comprenait également des noms arabes de premier plan issus de plusieurs pays, tandis qu’un jury international composé de cinq membres était chargé de désigner le lauréat.
Le Prix international de la fiction arabe vise à soutenir la création romanesque arabe et à renforcer sa présence à l’échelle mondiale, en encourageant la lecture et la traduction des œuvres remarquables en plusieurs langues.
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