Economie

La Russie ambitionne de renforcer sa place parmi les partenaires économiques de l’Algérie

L’expert économique russe Kassi Ider affirme à « El Khabar » que des perspectives prometteuses existent pour protéger les infrastructures ferroviaires contre les cybermenaces.

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L’expert économique russe Kassi Ider a affirmé que Moscou ambitionne d’occuper une place de premier plan parmi les partenaires économiques de l’Algérie, dans le respect de la souveraineté nationale et des priorités stratégiques du pays.

Dans une déclaration à « El Khabar », il a indiqué que l’Algérie met en œuvre un vaste programme de modernisation du secteur ferroviaire, visant à réaliser entre 5.000 et 7.000 kilomètres de nouvelles lignes à l’horizon 2035.

Selon lui, ce projet dépasse la conception traditionnelle des infrastructures pour constituer un levier de rééquilibrage territorial et économique, de renforcement de la cohésion et de la sécurité nationales, ainsi que de consolidation de la souveraineté de l’État sur la gestion de sa logistique et de son économie.

Ider, qui dirige une société de conseil spécialisée dans les relations gouvernementales, estime que la priorité réside notamment dans le désenclavement des Hauts-Plateaux et des principales régions du Sud, à travers notamment la ligne Béchar-Tindouf-Gara Djebilet et les zones méridionales.

Il a expliqué que ces liaisons contribueraient à désenclaver ces régions, à renforcer l’interconnexion territoriale et à fournir les infrastructures nécessaires à la valorisation des richesses minières, notamment le transport du minerai de fer extrait de la mine de Gara Djebilet et des réserves de phosphate dans l’Est du pays. Elles permettraient également de soutenir l’approvisionnement des pôles industriels et des ports et de réduire la pression sur le réseau routier national.

Une porte d’accès au continent africain

L’intervenant a ajouté que le réseau ferroviaire contribue à relier le nord du pays, avec ses ports et ses grandes villes, aux Hauts-Plateaux à vocation agricole et industrielle, ainsi qu’au Sud, riche en ressources énergétiques et en industries minières émergentes.

Il a souligné que la Zone de libre-échange continentale africaine, qui regroupe 54 pays et représente une valeur de plus de 3 000 milliards de dollars, ouvre de larges perspectives au commerce intra-africain, permettant ainsi la constitution d’un corridor algérien vers l’intérieur du continent.

Ider a poursuivi en affirmant que l’Algérie cherche à s’imposer comme un hub logistique régional et une plateforme de redistribution des échanges à travers le développement d’un corridor Nord-Sud. Cette démarche contribuerait notamment au désenclavement des pays voisins sans accès à la mer, comme le Niger, grâce à la mise en place de « ports secs », de voies routières et ferroviaires, ainsi que de réseaux de câbles et de pipelines permettant aux régions enclavées d’accéder aux façades maritimes et aux marchés extérieurs.

Les perspectives de coopération numérique

Abordant les possibilités de coopération internationale, Ider a estimé que l’expertise russe dans le développement de grandes infrastructures, la localisation industrielle et les solutions de cybersécurité fait de la Russie un partenaire potentiel naturel du programme ferroviaire algérien.

Il a ajouté que la coopération avec les entreprises russes pourrait porter sur la fourniture de voitures et de locomotives, la construction et la modernisation des infrastructures, ainsi que sur la mise en place de solutions intégrées comprenant l’ingénierie et la gestion numérique du trafic ferroviaire.

Il a précisé qu’en novembre 2025, la Russie et l’Algérie avaient convenu de renforcer leur coopération dans les domaines de la transformation numérique et de la cybersécurité, avec la préparation d’un mémorandum d’entente conjoint.

Selon lui, la Russie pourrait contribuer à renforcer la résilience du réseau ferroviaire face aux cybermenaces à travers l’échange d’expertise, la participation à des opérations d’audit pilotes et l’analyse des vulnérabilités. Il a toutefois insisté sur le fait que la priorité devait rester le développement des capacités nationales et la formation de spécialistes algériens conformément aux meilleures pratiques internationales.

La souveraineté sur les systèmes sensibles

Dans son analyse, Ider a insisté sur le fait que l’ensemble des réseaux sensibles relève de la sécurité nationale. Il a estimé que les infrastructures de l’information ainsi que les mécanismes de contrôle et les investissements qui leur sont liés doivent rester sous le contrôle total de l’Algérie.

Il a ajouté que l’échange d’expertise et de logiciels avec les partenaires étrangers devait se limiter à l’assistance technique et à la fourniture d’outils, sans transfert du contrôle des systèmes.

En conclusion, il a estimé que la réussite de tout partenariat avec l’Algérie suppose de disposer d’équipements fiables, adaptés aux conditions du désert et des régions arides, ainsi que d’assurer la compétitivité des coûts, le transfert de technologie et la localisation de la production industrielle.

Il a enfin affirmé que l’Algérie est ouverte à la diversification de ses partenariats et que la Russie est en mesure d’y occuper une place importante, à condition de respecter la souveraineté algérienne et de répondre à ses priorités stratégiques.