Le rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a montré que le brut algérien Sahara Blend a poursuivi sa forte progression durant le mois d’août 2026, atteignant 94,32 dollars le baril, contre 83,79 dollars en juillet, soit une hausse mensuelle de 10,53 dollars le baril, équivalant à une progression d’environ 12,6 %. Sur une base annuelle, le prix moyen du brut algérien depuis le début de 2026 s’est établi à environ 94,18 dollars le baril, contre 71,82 dollars durant la même période de 2025, soit une hausse de 22,36 dollars et une progression d’environ 31,1 %.
Cette hausse place le Sahara Blend au deuxième rang au sein du panier de référence de l’OPEP, derrière l’Arab Light, dont le prix moyen annuel a atteint 94,39 dollars le baril. Le prix moyen du panier de référence de l’OPEP (ORB) s’est établi à environ 91,35 dollars le baril en 2026, contre 71,63 dollars en 2025.
Prix mondiaux du pétrole : hausse généralisée et accentuation de la courbe des contrats à terme
La hausse ne s’est pas limitée au brut algérien. Les prix mondiaux du pétrole ont enregistré une progression généralisée en août 2026. Le prix moyen du panier de référence de l’OPEP a augmenté d’environ 3,45 dollars le baril par rapport à juillet, pour atteindre 86,44 dollars le baril. Le contrat à terme sur le Brent coté sur l’ICE a également progressé de 4,11 dollars, à 88,08 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a augmenté de 3,23 dollars, à 82,45 dollars le baril. Quant au brut d’Oman, il a bondi de 10,36 dollars pour atteindre 87,88 dollars le baril.
L’écart entre le Brent et le West Texas Intermediate s’est élargi de 0,88 dollar pour atteindre 5,63 dollars le baril, signe d’une divergence des pressions exercées sur les deux marchés. La courbe des contrats à terme des trois principaux bruts est également devenue plus pentue, sous l’effet de la forte demande pour les cargaisons à chargement immédiat de la part des raffineries asiatiques, de la persistance des inquiétudes concernant l’offre et de la baisse de la disponibilité du brut à l’échelle mondiale.
Reflétant un changement dans le sentiment des investisseurs, les fonds spéculatifs et les gestionnaires de fonds ont augmenté leurs positions longues sur les contrats à terme sur le Brent et le WTI d’environ 12 % entre le 28 juillet et le 25 août, cette hausse étant principalement concentrée sur les contrats à terme sur le Brent.
Économie mondiale : prévisions stables et croissance asiatique contrastée
L’OPEP a maintenu ses prévisions de croissance de l’économie mondiale à 3 % en 2026 et 3,2 % en 2027. Pour les principales économies, elle a maintenu ses prévisions de croissance des États-Unis à 2,2 % en 2026 et 2 % en 2027, celles de la zone euro à 0,8 % et 1 % respectivement, et celles du Japon à 0,7 % et 0,8 %.
La Chine devrait, quant à elle, enregistrer une croissance de 4,6 % en 2026 et de 4,5 % en 2027, contre 6,6 % et 6,5 % pour l’Inde, 2 % et 2,2 % pour le Brésil, et 1,1 % et 1,5 % pour la Russie.
Cette stabilité reste soutenue par les indicateurs de croissance des grandes économies et des économies asiatiques non membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), malgré la persistance des incertitudes géopolitiques.
Sur le front de la demande, l’OPEP a abaissé ses estimations de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2026 à environ 0,38 million de barils par jour, contre une précédente estimation de 0,58 million de barils par jour, portant la demande totale à 105,84 millions de barils par jour.
Cette révision à la baisse, la cinquième consécutive, s’explique par une contraction attendue de la demande des pays de l’OCDE d’environ 110 000 barils par jour, à 46,14 millions de barils par jour, contre une croissance de la demande dans les pays non membres de l’OCDE d’environ 490 000 barils par jour, à 59,70 millions de barils par jour.
Au niveau des pays, l’OPEP prévoit que les États-Unis seront à l’origine de la plus forte croissance de la demande en 2026, avec environ 240 000 barils par jour supplémentaires. Elle a en revanche réduit ses prévisions de croissance de la demande en Chine à seulement 10 000 barils par jour, contre 90 000 précédemment, portant la demande chinoise totale attendue à 16,9 millions de barils par jour.
Les prévisions de croissance de la demande indienne ont été maintenues à 60 000 barils par jour, pour atteindre 5,71 millions de barils par jour, tandis que la demande européenne devrait se contracter d’environ 190 000 barils par jour durant l’année en cours.
À l’inverse, l’OPEP a relevé ses prévisions de croissance de la demande mondiale en 2027 de 2,36 millions de barils par jour, contre une précédente estimation de 2,16 millions de barils par jour, portant la demande totale à 108,19 millions de barils par jour.
La majeure partie de cette croissance devrait provenir des pays non membres de l’OCDE, à hauteur d’environ 1,92 million de barils par jour, contre 0,43 million de barils par jour dans les pays de l’OCDE. L’Inde devrait être à l’origine de la plus forte croissance de la demande mondiale en 2027, avec environ 400 000 barils par jour supplémentaires, suivie par la Chine avec environ 380 000 barils par jour.
La révision à la hausse des prévisions pour 2027 est attribuée à l’hypothèse d’une reconstitution des stocks pétroliers par les pays après les importants prélèvements effectués en 2026 en raison de la crise du détroit d’Ormuz.
L’Algérie se rapproche du million de barils par jour
Du côté de l’offre, l’OPEP a maintenu pour le quatrième mois consécutif ses prévisions de croissance de la production de liquides pétroliers des pays non membres de l’alliance OPEP+, à environ 0,62 million de barils par jour en 2027, portant le total attendu à 55,45 millions de barils par jour. Elle a également maintenu ses prévisions de croissance pour 2026 à 0,64 million de barils par jour, portant le total à 54,84 millions de barils par jour.
Le Brésil, les États-Unis, le Canada et l’Argentine devraient être à l’origine de la croissance de l’offre en 2026, tandis que le Qatar, le Canada, le Brésil et l’Argentine devraient la tirer en 2027, avec une baisse attendue de la production qatarie en raison des conditions de guerre, de la fermeture du détroit d’Ormuz et des dommages causés aux infrastructures.
La production de brut des pays participant à la « Déclaration de coopération » a augmenté en août 2026 d’environ 0,30 million de barils par jour sur une base mensuelle, pour atteindre environ 38,05 millions de barils par jour, selon les données secondaires.
L’Algérie a enregistré une production de 999 000 barils par jour, contre 995 000 barils par jour en juillet, soit une hausse de 5 000 barils par jour. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré dans les données du tableau mensuel.
L’Iran a enregistré une forte baisse de sa production, de l’ordre de 399 000 barils par jour, à 2,086 millions de barils par jour, tandis que la production de l’Irak a augmenté d’environ 664 000 barils par jour, à 3,378 millions de barils par jour.
À l’inverse, la production de l’Arabie saoudite a diminué de 75 000 barils par jour, à 7,276 millions de barils par jour, et celle de la Russie de 160 000 barils par jour, à 8,718 millions de barils par jour.
Globalement, la production des pays de l’OPEP a augmenté d’environ 346 000 barils par jour, à 24,481 millions de barils par jour, tandis que la production des pays non membres de l’OPEP participant à la « Déclaration de coopération » a diminué de 49 000 barils par jour, à 13,973 millions de barils par jour.
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