Economie

Les raisons de la hausse des prix des viandes blanches… et quand ils baisseront

La Fédération des éleveurs rassure les consommateurs

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Le président de la Fédération nationale des éleveurs de volailles, Ali Ben Chaïba, a expliqué à « El Khabar » les raisons de la hausse des prix des viandes blanches observée ces dernières semaines.

Selon Ali Ben Chaïba, l’instabilité du marché s’explique par plusieurs facteurs qui se sont conjugués durant l’été dernier, notamment les conditions climatiques difficiles. La saison estivale a été marquée par une forte hausse des températures et une multiplication des incendies, créant un environnement particulièrement difficile pour l’élevage avicole.

Les coupures d’électricité ont également eu un impact important, les élevages étant essentiellement dépendants de l’énergie électrique pour faire fonctionner les systèmes de ventilation et de refroidissement. Ces coupures répétées ont entraîné, selon lui, une hausse des températures à l’intérieur des bâtiments d’élevage, provoquant la mortalité d’un grand nombre de poulets de chair.

À cela s’est ajouté le facteur des épidémies et des maladies. La même période a connu la propagation de certaines maladies ayant touché le cheptel avicole, ce qui a accentué les pertes et la mortalité.

Le retard dans la réception des tableaux prévisionnels et l’application des procédures d’importation ont également entraîné une faible disponibilité des médicaments et des vaccins vétérinaires sur les marchés, ce qui a provoqué une hausse des prix des facteurs de production.

Ces pertes de production ont coïncidé, selon le président de la Fédération nationale des éleveurs de volailles, avec une forte hausse de la demande de viandes blanches durant l’été, créant un déséquilibre entre l’offre et la demande et entraînant automatiquement une hausse des prix.

Il précise que la crise avait commencé à se dessiner dès la fin de 2025 et s’est poursuivie durant le premier semestre 2026. Les prix avaient alors connu une baisse forte et prolongée, atteignant des niveaux largement inférieurs au coût réel de production. Durant cette période, le prix de la plaque d’œufs de consommation oscillait entre 300 et 350 dinars, tandis que le prix du poulet vivant était descendu sous la barre des 300 dinars le kilogramme.

Cette baisse prolongée a fortement affecté les revenus des éleveurs et leur capacité à poursuivre leur activité, entraînant le retrait et l’arrêt temporaire d’une large partie d’entre eux.

Des signes d’amélioration et un retour à la stabilité
Malgré ces difficultés, la crise actuelle est conjoncturelle et temporaire, selon Ali Ben Chaïba. La fin du mois d’août a été marquée par une reprise de l’activité des éleveurs, avec une forte demande de poussins destinés à relancer les élevages.

Les marchés devraient progressivement se stabiliser et les prix reculer au cours des prochaines semaines avec l’arrivée de la nouvelle production sur les marchés, ce qui devrait rassurer les consommateurs algériens.

Compte tenu du fait que le cycle d’élevage des volailles dure environ 45 jours, ajoute Ali Ben Chaïba, les effets concrets de cette reprise commencent à apparaître à partir de la deuxième moitié du mois de septembre. Les prix ont déjà enregistré une baisse d’environ 30 à 40 dinars par kilogramme pour le poulet vivant, ce qui constitue un signe clair du retour de l’abondance sur les marchés.

Selon lui, les prix devraient connaître une stabilisation progressive et tangible à partir de la fin septembre et jusqu’à la mi-octobre prochain.

Une feuille de route pour structurer la filière et garantir une stabilité durable
Le représentant des éleveurs de volailles n’a pas manqué de renouveler leur demande de trouver une solution définitive aux problèmes de la filière.

La Fédération estime que la solution définitive et optimale au phénomène de fluctuation des prix, entre une baisse qui pénalise l’éleveur et une hausse qui pèse sur le consommateur, réside dans la réorganisation et la structuration de la filière selon une stratégie et une feuille de route claires.

Il s’agit de garantir la continuité de l’activité et l’abondance de l’offre tout au long de l’année, d’assurer une marge bénéficiaire équitable au producteur et de garantir la disponibilité des viandes blanches, considérées comme la principale source de protéines animales, à des prix adaptés au pouvoir d’achat des citoyens.

La Fédération a affirmé avoir présenté sa vision et sa feuille de route complète au ministère de tutelle, appelant les autorités concernées à adopter cette stratégie afin d’organiser le marché et de le protéger contre de futures perturbations.

La Fédération a également maintenu sa revendication concernant l’approvisionnement en certaines matières premières et facteurs de production essentiels.

Son président a appelé à la mise en place d’un « couloir vert » destiné à simplifier et accélérer les procédures d’importation des facteurs de production et des matières premières destinés au secteur agricole en général et à la filière avicole en particulier.

Il a également demandé l’instauration d’un circuit préférentiel pour les opérations d’importation, estimant qu’une telle mesure renforcerait durablement la disponibilité des produits, garantirait la stabilité de la production locale, protégerait le pouvoir d’achat des citoyens et préserverait l’équilibre de la filière agricole.