Le membre du Conseil national économique, social et environnemental et expert en stratégies de communication, Younes Grar, a affirmé lors d’un entretien avec le journal El Khabar que le lancement d’une stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information constitue une étape importante et nécessaire, compte tenu de l’accélération du processus de transformation numérique qu’a connue Algérie ces dernières années. Il a souligné que la numérisation des services administratifs et économiques exige en parallèle la mise en place d’un système solide pour protéger les systèmes d’information et les données numériques.
Grar a expliqué que l’orientation de l’État vers la généralisation des services électroniques et la numérisation de différents secteurs fait de la protection des données une priorité absolue, d’autant plus que ces plateformes traitent une énorme quantité d’informations concernant les citoyens et les institutions. Il a déclaré dans ce contexte que « toute véritable opération de numérisation nécessite impérativement des mécanismes efficaces de protection des données afin qu’elles ne tombent pas entre les mains d’entités susceptibles de les exploiter à des fins illégales ».
Il a ajouté que le danger ne se limite pas à la fuite de données, mais inclut également la possibilité que les systèmes d’information soient la cible de cyberattaques pouvant entraîner l’interruption des services numériques. En cas de telles intrusions, les institutions pourraient être contraintes de revenir aux méthodes traditionnelles de prestation de services, ce qui pourrait affecter négativement la confiance des citoyens dans le processus de numérisation.
Grar a également souligné que la question de la cybersécurité ne concerne pas un seul secteur, mais l’ensemble des secteurs sans exception, notamment les secteurs des finances, de l’agriculture, de l’enseignement supérieur et de l’éducation, ainsi que les différentes plateformes numériques de l’administration et des services publics. Tous ces systèmes sont désormais interconnectés au sein d’un même réseau qui échange des informations et des données.
Dans cette perspective, il a précisé que l’orientation vers l’interconnexion des systèmes d’information entre les différents secteurs, dans le cadre de la gouvernance des données et de l’échange d’informations, renforce l’importance de l’établissement de normes nationales unifiées en matière de cybersécurité. En effet, l’interconnexion des systèmes numériques signifie que toute défaillance dans un secteur peut avoir des répercussions sur les autres secteurs qui y sont liés.
Dans ce contexte, l’intervenant a insisté sur la nécessité d’adopter une stratégie nationale unifiée appliquée selon les mêmes normes techniques et sécuritaires dans tous les secteurs, afin d’éviter que chaque institution ou administration n’agisse selon sa propre approche, ce qui pourrait créer des failles dangereuses dans l’ensemble du système numérique.
Il a également souligné que la protection du système numérique ne se limite pas à la sécurisation des serveurs et des infrastructures, mais inclut aussi la protection des appareils des employés et des citoyens, ainsi que des réseaux par lesquels les données sont échangées. La cybersécurité constitue ainsi un système intégré qui commence par l’infrastructure et s’étend jusqu’à l’utilisateur final.
L’expert a indiqué que le succès de cette stratégie nécessite également un suivi rigoureux et une évaluation continue de sa mise en œuvre, grâce à la mise en place d’indicateurs clairs permettant de mesurer le niveau de protection numérique et de vérifier que tous les secteurs respectent les mêmes normes et procédures.
Younes Grar a aussi insisté sur l’importance de la formation et de la diffusion d’une culture de sécurité numérique, tant auprès des employés que des citoyens. En effet, de nombreuses intrusions cybernétiques se produisent à cause d’erreurs humaines simples, comme l’utilisation de mots de passe faibles ou l’introduction d’appareils non sécurisés dans les réseaux informatiques, ce qui peut permettre des opérations d’espionnage ou de vol de données.
Enfin, l’expert a affirmé que le renforcement de la souveraineté numérique passe également par le développement, autant que possible, de solutions technologiques locales, qu’il s’agisse de logiciels ou d’équipements. Une dépendance totale à des technologies étrangères peut parfois soulever des préoccupations liées à la sécurité de l’information, ce qui fait du développement de capacités nationales dans ce domaine un choix stratégique pour garantir la protection des données et le contrôle du système numérique à l’avenir.
Si tu veux, je peux aussi te préparer un titre journalistique en français pour ce texte (comme pour un article de presse).
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