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Arabie saoudite – Émirats : rivalité autour du pétrole et des routes maritimes

Le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP relance les tensions avec l’Arabie saoudite autour du pétrole et des axes maritimes stratégiques

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Voici la traduction intégrale en français, sans résumé ni omission :


À travers sa décision de quitter l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP et OPEP+), avant un retrait potentiel de la Ligue arabe, les Émirats arabes unis choisissent clairement et sans équivoque de renforcer le camp sioniste, au détriment de leurs voisins du Golfe, en particulier le Royaume d’Arabie saoudite.

La décision d’Abou Dhabi de quitter l’OPEP, afin de se libérer de la politique des quotas dans le but d’affaiblir l’influence de l’Arabie saoudite et de servir ainsi les intérêts de Donald Trump et de son allié sioniste.

En misant sur cette rupture sans consultation avec ses partenaires et alliés du Conseil de coopération du Golfe, les Émirats arabes unis ont clairement affiché leurs intentions futures, en s’éloignant de leur environnement régional.

Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et la fermeture par l’Iran du détroit d’Hormuz ont servi de prétexte et de justification pour accélérer cette décision, bien qu’Abou Dhabi ait déjà laissé entrevoir ses intentions en s’attaquant à la profondeur géopolitique et sécuritaire de Riyad et du Caire, à travers son soutien aux opposants au Yémen et en Somalie, ainsi que dans la guerre au Soudan, au profit de la domination de l’entité sioniste, dans le cadre des soi-disant Accords d’Abraham.

Libérés désormais des quotas de l’organisation, les Émirats arabes unis profitent de la pénurie actuelle de l’offre pour maximiser les profits. Selon le journal The Guardian, cette démarche constitue avant tout un défi à l’Arabie saoudite.

Le journal britannique a expliqué que cette « séparation » affaiblit la capacité des Saoudiens à contrôler les prix, et rapproche les Émirats des alliés de Donald Trump, l’un des critiques les plus virulents de l’OPEP depuis longtemps. Bloomberg confirme que la nouvelle a surpris l’organisation.

Désormais, les partenaires de l’OPEP devront lutter fortement pour maintenir leur influence. Le retrait des Émirats affaiblira la capacité du groupe à réguler les prix et transformera Abou Dhabi en un acteur imprévisible, nuisible aux intérêts de l’OPEP et de l’OPEP+.

La fermeture quasi totale du détroit d’Hormuz, conséquence de l’agression américano-sioniste contre l’Iran, a également entraîné une baisse de la production dans l’ensemble des pays du Golfe, rendant les anciens quotas obsolètes. Toutefois, comme le souligne Bloomberg, une fois la navigation rétablie, cette situation pourrait provoquer des guerres de prix destructrices.

Selon le Washington Post, des rumeurs de départ circulent depuis des années en raison de désaccords avec les Saoudiens sur les quotas de production. Le quotidien américain indique également que Donald Trump, qui a qualifié l’OPEP de « monopole », avait appelé à une baisse des prix d’ici 2025.


Le projet ferroviaire saoudien, réaction à l’offensive émiratie
Dans un monde marqué par des alliances conjoncturelles et une lutte pour un ordre multipolaire, l’Arabie saoudite prend des mesures pour contrer les plans hostiles menés contre elle par les Émirats arabes unis, considérés comme l’une des causes de l’échec relatif de la stratégie 2030, annoncée par le prince héritier Mohammed ben Salmane après son accession comme homme fort du royaume.

Mohammed ben Salmane espérait attirer d’importants investissements financiers pour concrétiser sa stratégie et faire du royaume un centre des flux économiques et financiers, sans les plans hostiles d’Abou Dhabi et de son allié sioniste.

Convaincue du rôle perturbateur joué par les Émiratis, l’Arabie saoudite modifie sa stratégie en se concentrant sur l’accélération de la restructuration des routes commerciales au Moyen-Orient. Cette orientation renforce l’axe Riyad–Doha et réduit l’importance de l’idée de passage par le port de Haïfa, contrôlé par l’entité sioniste. L’Arabie saoudite a lancé une nouvelle ligne ferroviaire de 1700 km reliant ses principaux ports du Golfe à la frontière jordanienne via le réseau ferroviaire saoudien.

Cette infrastructure permettra de transporter plus de 400 conteneurs par train et de réduire de moitié les temps de transport par rapport au transport routier, représentant une avancée logistique majeure dans la région.

Ce projet s’inscrit également dans une restructuration plus large des routes commerciales, alors que le corridor Inde–Moyen-Orient–Europe (IMEC), annoncé en 2023, reste confronté à des obstacles politiques et sécuritaires.

Au lieu d’attendre sa mise en œuvre, Riyad adopte une approche pragmatique en développant ses infrastructures terrestres liées au trafic maritime régional.


Restructuration des routes commerciales au Moyen-Orient
Dans ce nouveau cadre, l’Arabie saoudite et le Qatar renforcent leur coopération logistique, notamment à travers des lignes maritimes rapides et des projets de hubs de distribution communs. Les marchandises asiatiques transitent désormais par les ports du Golfe avant d’être redistribuées par rail vers la Jordanie, puis vers plusieurs marchés méditerranéens, en Syrie et en Turquie, ou ailleurs.

Cette diversification réduit la dépendance à une seule route et renforce la résilience du système. Le rôle des Émirats arabes unis évolue dans ce cadre. Longtemps considérés comme un point d’entrée central du commerce régional, ils se concentrent de plus en plus sur les points de sortie en Méditerranée, à travers leurs investissements portuaires en Jordanie et en Syrie.

Cette nouvelle répartition est en partie due aux perturbations dans le détroit d’Hormuz, qui ont affaibli le modèle logistique émirati fondé sur la fluidité maritime. Quant à l’entité sioniste, sa place apparaît incertaine.