Le « Pacte de Paris : Islam et citoyenneté », lancé par la Grande Mosquée de Paris au début de 2026, bénéficie d’une nouvelle reconnaissance internationale. Le secrétaire général des Nations unies lui a consacré un passage dans son rapport annuel sur la lutte contre l’intolérance religieuse, les stéréotypes négatifs, la discrimination et l’incitation à la violence fondée sur la religion ou les convictions.
Le rapport de l’ONU, daté du 3 août 2026 et présenté à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, indique que le Pacte est le fruit de trois années de consultations et de travail collectif, avec la participation d’imams, de représentants religieux, de personnalités politiques, universitaires et médiatiques, ainsi que d’experts en droit et en santé mentale et de représentants de la société civile.
Le document souligne que la présidente du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a salué l’adoption du Pacte, le considérant comme un document majeur, notamment en raison de son affirmation de l’égalité pleine et inconditionnelle entre les femmes et les hommes en matière de droits.
Le rapport relève également l’engagement explicite du Pacte en faveur des principes de l’initiative « La foi pour les droits », ainsi que son soutien à la pleine participation des femmes aux instances de décision au sein des institutions islamiques, conformément aux recommandations internationales en la matière.
Pour les Nations unies, cette initiative constitue une avancée importante non seulement pour la France, mais également au niveau international. Le Pacte a notamment retenu l’attention du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Genève et a été mis en avant à New York à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie.
Le rapport évoque par ailleurs le partenariat entre l’Institut de Genève pour le pluralisme, les droits humains et la foi, la Grande Mosquée de Paris et son École nationale Ibn Badis, visant à intégrer les principes de « La foi pour les droits » dans les programmes de formation des imams et des accompagnatrices religieuses en France.
Cette démarche vise notamment à renforcer la culture des droits humains et les valeurs de citoyenneté au sein des institutions religieuses.
Réagissant à cette reconnaissance de l’ONU, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a estimé que la mention du Pacte dans le rapport onusien constituait à la fois une source de fierté et une responsabilité.
Il a expliqué que le « Pacte de Paris » n’avait pas été élaboré en réaction à des accusations ou à des soupçons, mais qu’il était le fruit d’un long travail de réflexion auquel ont participé des savants, des imams et des citoyens, s’appuyant sur le Coran, la tradition prophétique et le riche patrimoine islamique.
Selon lui, cette reconnaissance internationale confirme qu’il n’est pas nécessaire pour les musulmans vivant dans les sociétés occidentales de choisir entre la fidélité à leur religion et leur pleine appartenance à leur pays. Ils peuvent, au contraire, contribuer positivement aux deux.
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