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Mehdi Hajaoui… « Jabaroot » et la chute du régime du Makhzen

Quand le « numéro deux » des renseignements marocains se venge

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Le média espagnol « ABC » a révélé que l’ancien directeur adjoint des renseignements extérieurs marocains, Mehdi Hajaoui, pourrait être à l’origine de la fuite qui a ébranlé les services de renseignement du régime du Makhzen ces derniers jours, concernant les données de 70 381 agents.

Le même média attribue un rôle majeur à cet ancien haut responsable de la Direction générale des études et de la documentation marocaine (renseignements extérieurs) dans la publication des informations par le groupe de hackers « Jabaroot».

Selon des sources proches de l’ancien agent des renseignements, citées par le site « ABC », Hajaoui se trouve actuellement hors d’Europe et se déplace constamment, par crainte de représailles du régime du Makhzen.

Pendant de nombreuses années, Hajaoui a occupé un poste de haut rang au sein de l’appareil sécuritaire marocain. Il est devenu « contrôleur général » de la Direction générale de la sécurité extérieure et l’un des proches du directeur de cette institution, Yassine Mansouri.

Sa chute a commencé en 2014, lorsqu’il a quitté la Direction générale des études et de la documentation dans le contexte de la lutte pour le pouvoir entre les différents appareils sécuritaires du Makhzen.

Trois ans plus tard, il a été nommé conseiller de Fouad Ali El Himma, l’un des plus proches conseillers de Mohammed VI. La rupture définitive avec le cercle rapproché du régime serait intervenue après la publication par Hajaoui d’un livre blanc contenant des informations sur les coulisses du fonctionnement interne du palais. Depuis lors, selon les mêmes sources, lui et ses collaborateurs auraient fait l’objet d’une campagne de pressions et de dénigrement.

Cette situation a finalement conduit à son départ du Maroc en 2024. Avant son départ, l’ancien haut responsable aurait obtenu une importante quantité de documents confidentiels et de secrets d’État, qui constituent désormais son principal moyen de protection contre Rabat.

Parmi les informations qu’il détiendrait figureraient des détails sensibles concernant des juges, des agents des services de renseignement ainsi que des opérations de corruption présumées. Selon des sources proches de lui, Hajaoui aurait fourni les informations ayant permis au groupe « Jebroth » de publier les identités de 70 381 agents des services de renseignement du Makhzen.

Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une lutte interne pour le pouvoir entre les différents services de renseignement du pays, qui dure depuis plusieurs années. Dans ce contexte, selon des sources informées, la principale cible de Hajaoui serait le régime marocain lui-même.

Il chercherait également à accélérer la transformation interne à un moment où les luttes de pouvoir s’intensifient, notamment dans le contexte des spéculations entourant la succession du roi Mohammed VI.

Parmi les documents qui pourraient être en possession de l’ancien responsable de la Direction générale des études et de la documentation figureraient des documents liés à Pegasus ainsi qu’à des opérations menées à l’extérieur du Maroc. Le site « ABC » a également indiqué qu’il pourrait détenir des informations sur des affaires de corruption et de trafic d’influence au sein du Parlement européen, liées à ce qui est appelé le scandale du « Marocgate » et aux intérêts de Rabat concernant le Sahara occidental.