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Les revendications des partis à l'adresse du président de la République

À l'approche du dialogue national prévu avec la rentrée sociale.

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Les partis politiques s'attellent à définir les dossiers qu'ils souhaitent soumettre au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du dialogue national annoncé pour la prochaine rentrée sociale. Parmi les principales revendications figurent l'amélioration de la situation sociale, les réformes politiques ainsi qu'une plus grande implication des partis dans le pouvoir exécutif, en cohérence avec la nouvelle carte politique issue des dernières élections législatives.

Le vice-président du Mouvement El Bina, Saïd Nefissi, a estimé que le dialogue constitue « un choix civilisationnel et stratégique », qu'il s'agisse des échanges entre les différentes composantes de la scène politique et les élites nationales, ou entre ces dernières et les institutions de l'État, notamment la présidence de la République. Selon lui, cette démarche est indispensable pour consolider l'État et préserver sa stabilité.

Dans une déclaration à El Khabar, il a rappelé que le dialogue annoncé par le chef de l'État s'inscrivait dans les engagements pris lors de son programme électoral, soulignant que le président avait déjà multiplié les rencontres avec les responsables des partis politiques et les différentes composantes de la société, tout en annonçant l'organisation d'un dialogue national avant la fin de l'année 2026.

Selon Nefissi, ce dialogue s'inscrit dans la continuité des concertations déjà engagées sur plusieurs dossiers, notamment la loi électorale, la loi sur les partis politiques et la préparation des différents scrutins.

Il a ajouté que, pour son parti, le dialogue national « n'est ni un événement ponctuel ni une réponse à une conjoncture particulière, mais une méthode de gouvernance permanente », rendue nécessaire par les nombreux défis, mutations et risques auxquels le pays est confronté.

Il a insisté sur la nécessité de rassembler « tous les enfants de la nation autour du dialogue afin de défendre les intérêts supérieurs de l'État et de la société », en mettant de côté les divergences partisanes au profit de l'intérêt national.

Le responsable du Mouvement El Bina a également estimé que le renforcement du front intérieur, la consolidation de la cohésion nationale et l'amélioration des performances économiques au bénéfice des citoyens exigent la poursuite de ce dialogue. Il a rappelé que la prochaine rentrée sociale coïncidera avec les élections locales, ainsi qu'avec la mise en œuvre de nouveaux projets structurants pour l'économie nationale, ce qui renforce, selon lui, la nécessité d'une concertation permanente.

Il a conclu en appelant à un dialogue global et continu, débouchant sur « une feuille de route concrète et une charte éthique engageant l'ensemble des acteurs », afin de préserver les acquis en matière de sécurité et de stabilité, de consolider les institutions et d'unifier les positions nationales sur les questions de politique étrangère et de sécurité.

Participation au pouvoir exécutif

De son côté, le président du parti Sawt Echaâb, Mohamed Lamine Asmani, a affirmé que sa formation était favorable à « un dialogue sérieux et responsable ». Il estime que les discussions devraient prioritairement porter sur les réformes politiques permettant à la classe politique de retrouver toute sa crédibilité et de jouer pleinement son rôle dans la vie publique.

Toujours dans les colonnes d'El Khabar, il a salué les nouvelles pratiques de concertation instaurées par la présidence de la République et exprimé le souhait que ce dialogue fasse des partis politiques de véritables partenaires dans la construction du paysage politique national.

Parmi les principaux dossiers que son parti entend défendre figure la participation de la classe politique au pouvoir exécutif. Selon lui, les dernières élections législatives ont fait émerger une nouvelle carte politique qui doit désormais se refléter dans la composition de l'exécutif.

À défaut, a-t-il averti, le pays risquerait de rester dans une forme « d'adolescence politique ». Il a également plaidé pour le passage d'une logique de « fonctionnaire » à celle de « militant politique », tout en appelant les partis à moderniser leur discours afin de mieux mobiliser les citoyens.

La situation sociale au premier plan

Pour sa part, Ramdane Taâzibt, dirigeant du Parti des travailleurs, a indiqué que sa formation, qui avait déjà pris part aux précédentes initiatives de dialogue, était prête à participer à cette nouvelle concertation annoncée par le président de la République.

Il a précisé que les instances dirigeantes du parti se réuniraient prochainement afin de déterminer les questions qui seront soumises au chef de l'État, dans le cadre d'une démarche fondée sur la recherche de solutions nationales aux défis politiques, économiques et sociaux.

Une tradition de concertation

Lors de son dernier entretien avec les médias nationaux, le président Abdelmadjid Tebboune a confirmé son intention d'organiser, à la rentrée sociale, un dialogue avec les partis politiques remplissant les conditions prévues par la loi sur les partis.

Cette initiative s'inscrit dans la continuité des consultations déjà engagées entre la présidence de la République et les formations politiques. Le chef de l'État a en effet reçu à plusieurs reprises les dirigeants de différents partis afin d'échanger sur les principaux dossiers nationaux.

En 2024, il avait déjà réuni la majorité des partis représentés dans les assemblées élues quelques mois avant l'élection présidentielle, afin de répondre à leurs interrogations et d'évoquer les questions politiques, économiques et sociales.

Lors d'une précédente rencontre avec les médias, le président avait également réaffirmé son engagement à lancer un dialogue politique entre la fin de l'année 2025 et le début de l'année 2026, en soulignant la nécessité d'une préparation approfondie de cette concertation.

Dans cette perspective, la présidence de la République a mené une série de consultations avec les partis politiques sous la conduite du conseiller chargé des affaires politiques et de la société civile, Chafik Mesbah, puis de son successeur, Mustapha Sayeh. Ces rencontres ont notamment porté sur la révision de la loi sur les partis politiques et de la loi électorale.

La présidence a également organisé une conférence consultative réunissant les représentants des partis politiques afin de présenter les principales modifications apportées à la Constitution dans le cadre du processus de réformes politiques et institutionnelles.