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Une ligue émiratie opposée à la normalisation révèle les dessous de la démarche marocaine

Rabat tente de convaincre le peuple marocain à l’aide de justifications illusoires et absurdes

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Le Royaume du Maroc cherche à justifier auprès de sa population sa décision de relever le niveau de représentation diplomatique jusqu’à l’échange d’ambassadeurs, en présentant cette mesure comme une étape susceptible de contribuer à mettre fin aux violences contre les Palestiniens et à d’autres illusions. Ces justifications ont toutefois été réfutées par la Ligue émiratie contre la normalisation et ses homologues au Maroc.

Dans une publication mise en ligne aujourd’hui, l’organisation d’opposition, dont les dirigeants résident en Grande-Bretagne, a rapporté, citant un journal sioniste, que l’entité sioniste est le « gagnant silencieux » de la rupture entre l’Algérie et les Émirats arabes unis, notamment dans le contexte de l’approfondissement de l’alliance entre Abou Dhabi, Rabat et Tel-Aviv.

L’organisation, fondée en 2020 à la suite de la décision des Émirats arabes unis de normaliser leurs relations avec l’entité sioniste, a réfuté les justifications avancées par Abou Dhabi et Rabat pour présenter le relèvement de la représentation diplomatique au niveau des ambassadeurs comme une mesure servant la cause palestinienne. Elle a souligné que le processus de normalisation dépasse le cadre économique et est lié à des « partenariats dans les domaines de l’investissement, de l’énergie, de la sécurité, de la défense et des technologies ».

L’organisation, qui reflète la position d’une large frange d’Émiratis opposés aux autorités émiraties qui se sont rapprochées de l’entité sioniste, a estimé que cette démarche « a accordé à l’occupation une influence croissante dans la région », affirmant que la normalisation « n’est pas la paix, mais un projet d’influence » et constitue « une porte d’entrée pour étendre sa présence politique et sécuritaire et redessiner les rapports d’influence dans la région ».

La Ligue a défini les contours de cette influence qu’elle entend dénoncer en déclarant : « D’Abou Dhabi à Tel-Aviv… la normalisation dessine un nouveau réseau d’influence », expliquant que l’approfondissement de la normalisation ne se limite plus à des relations diplomatiques, mais s’est transformé en un réseau d’influence régional réunissant les Émirats, l’entité sioniste et le Maroc, et élargissant la présence de l’occupation en Afrique du Nord.

Il convient de rappeler que le processus de normalisation maroco-sioniste a débuté en 2021 sous l’égide des Émirats arabes unis.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, tente de présenter sous un jour favorable cette démarche aux yeux de la population marocaine, en la liant à l’intérêt de la cause palestinienne et en en atténuant la portée par l’évocation de précédentes initiatives humanitaires limitées, afin d’en réduire l’impact sur l’opinion publique, ignorant que cette dernière est « soumise à la loi de l’unité mentale et dotée d’une existence unique qui dépasse les caractéristiques individuelles », selon la conception du penseur français Gustave Le Bon dans son célèbre ouvrage « Psychologie des foules », notamment dans un contexte où une majorité d’entre elle évolue dans la même direction.

À l’intérieur du Maroc également, les fronts de refus prennent de l’ampleur et se transforment progressivement en une force de pression sur le Palais. La « Jamaâ Al-Adl Wal-Ihsane » a ainsi publié hier un communiqué de vive protestation, considérant que l’approfondissement de la normalisation constitue « un mépris de l’identité et de la position du peuple marocain et une caution aux crimes de génocide ».

Dans son analyse des événements, l’ambassadeur algérien et ancien porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ammar Belani, a écrit que cette option est politiquement et moralement indéfendable pour un pays qui se présente comme un défenseur de la cause palestinienne et dont le roi préside le Comité Al-Qods.

Mais ce qui est le plus étonnant aux yeux du diplomate, selon une publication mise en ligne aujourd’hui sur sa page Facebook, est la justification surprenante avancée par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, selon laquelle les relations avec Israël permettent au Maroc « d’aider les Palestiniens sur le plan humanitaire ».

Il convient de relever que le ministère marocain des Affaires étrangères avait, au début du processus de normalisation en 2021, justifié cette démarche par le fait qu’elle contribuerait à trouver une solution à la cause palestinienne et à mettre fin aux violences contre les Palestiniens. Cette justification s’est ensuite réduite à l’aspect humanitaire et à l’aide.

Pour Belani, Bourita cherche à convaincre l’opinion publique marocaine de cette décision déterminante à travers l’histoire des célèbres 40 tonnes d’aide envoyées à Gaza en 2024, qualifiant cette démarche de « bon marché », dans laquelle on demande aux Marocains de regarder les quelques camions d’aide afin de ne pas regarder les « ambassades de la honte » qui sont en train d’être ouvertes.

Le diplomate a exclu qu’une « vile opération de propagande » puisse tromper les peuples arabes, ainsi que les millions de personnes à travers le monde qui dénoncent le régime israélien qu’il qualifie de génocidaire et ses dirigeants racistes.