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Une instance internationale s’adresse aux intellectuels et au peuple marocains

Elle a considéré la décision du Royaume d’échanger des ambassadeurs avec l’entité sioniste comme une « persistance dans l’interdit »

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L’instance internationale « Ansar al-Nabi International » a publié hier un communiqué virulent sur la légitimité et la décision du Maroc d’élever le niveau de sa normalisation avec l’entité sioniste au rang d’échange d’ambassadeurs, alors que le génocide se poursuit dans la bande de Gaza et dans toute la Palestine. Elle a appelé les oulémas et le peuple marocains à faire entendre leur voix.

L’instance religieuse, qui regroupe plusieurs grands cheikhs du monde musulman et mène ses activités à l’échelle internationale, a dénoncé la décision du Royaume, appelant les oulémas du Maroc ainsi que ses institutions scientifiques et religieuses à « dire clairement leur position scientifique sur cette question et à exposer à la nation le jugement religieux concernant le développement des relations avec une occupation brutale ».

Les rédacteurs du communiqué ont considéré que la décision prise par le Maroc constituait « une persistance dans l’interdit », affirmant que « l’élévation de la représentation diplomatique avec l’entité sioniste au niveau des ambassades dépasse le simple changement protocolaire dans la forme de la relation, puisqu’elle fait passer la normalisation interdite à un degré encore plus avancé ».

L’instance a ajouté : « La normalisation avec l’occupation est en soi interdite, et toute augmentation de celle-ci constitue une aggravation du péché et de la transgression », soulignant que « dire la vérité est une responsabilité et qu’il n’est pas permis de retarder son énoncé lorsque la situation l’exige ».

L’instance a estimé que le silence des oulémas ou le report de leur prise de position à ce stade « n’est pas permis », alors que, selon elle, l’agression contre Gaza se poursuit et que les démarches de normalisation se multiplient.

Les cheikhs et responsables religieux du collectif regrettent que cette évolution intervienne « alors que le sang des Palestiniens continue de couler et que Gaza vit un nouveau chapitre du génocide, de la guerre et de la destruction ». Ils ont mis en garde contre le fait que cette démarche adresse « à l’occupant un message de réassurance selon lequel ses crimes ne l’empêcheront pas d’accéder aux capitales musulmanes, tout en adressant à la victime les pires messages d’abandon ».

L’instance a établi une comparaison entre « la précipitation vers la normalisation avec l’ennemi et l’abandon du frère » et les mesures concrètes prises par « des États non musulmans pour faire pression sur l’entité sioniste », une situation paradoxale qui, selon elle, a déconcerté les mouvements internationaux soutenant le peuple palestinien.

Les initiateurs ont également averti que la décision « amplifie la question religieuse et morale sur le sens de la fraternité et la place du sang des musulmans », soulignant que « le soutien profond et enraciné à la Palestine et à Jérusalem, qui caractérise le généreux peuple marocain, rend cette démarche d’autant plus douloureuse et paradoxale ». Ils ont relevé que l’évolution des relations « intervient à l’encontre de la conscience d’un peuple connu pour ses positions et son attachement à ses valeurs ».

L’initiative a conclu en réaffirmant que « la Palestine et Jérusalem sont la cause d’une nation et non un dossier entre les mains d’un groupe ou d’un État », et que « quiconque a normalisé ses relations avec l’entité sioniste n’en a récolté que les pires fruits, et l’issue de sa normalisation a été la perte ».