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Nouvelle escalade… le Yémen sur une poudrière

Frappes aériennes et violents affrontements dans la province du Hadramaout.

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Le gouverneur de la province yéménite de Hadramaout, Salem al-Kanbachi, a annoncé ce vendredi que les forces séparatistes du Conseil de transition du Sud (CTS), soutenues par les Émirats arabes unis (EAU). ont pris le contrôle du camp de la 37ᵉ brigade, la plus grande base militaire de la province, après des affrontements avec les forces du Conseil de transition du Sud.

Dans un communiqué, il a précisé que les forces se dirigent désormais vers la ville de Seyoun, située au centre de la vallée du Hadramaout, à environ 360 kilomètres de la capitale de la province et de son chef-lieu Al Moukalla. Il a renouvelé son appel aux forces affiliées au Conseil de transition du Sud pour qu’elles se retirent de leurs positions afin d’éviter des effusions de sang.

De son côté, le Conseil de transition du Sud au Yémen, soutenu par les Émirats arabes unis, a déclaré à l’agence France-Presse que « sept frappes aériennes saoudiennes ont visé le camp d’Al-Khasha, faisant des morts et des blessés ».

Par ailleurs, le général de division Turki Al-Maliki, porte-parole officiel des forces de la coalition (Coalition de soutien à la légitimité au Yémen), a annoncé que les forces navales royales saoudiennes ont achevé leur déploiement en mer d’Arabie afin de mener des opérations d’inspection et de lutte contre la contrebande.

Il a indiqué que ce déploiement vise à « renforcer la surveillance maritime et à exécuter des missions opérationnelles pour garantir la sécurité et la stabilité dans la région, dans le cadre des efforts continus des forces navales saoudiennes pour protéger les voies maritimes internationales et lutter contre les activités illégales ».

Ce mouvement constitue la dernière escalade au Yémen, pays ravagé par la guerre, alors que le différend entre deux pays du Golfe, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis — soutenant deux camps opposés — s’aggrave depuis décembre dernier.

Le gouvernement yéménite soutenu par l’Arabie saoudite a annoncé vendredi avoir nommé le gouverneur de Hadramaout, Salem Ahmed Saïd Al-Khanbashi, commandant général des forces du Bouclier de la Nation dans la province orientale, en lui accordant l’ensemble des prérogatives militaires, sécuritaires et administratives. Cette décision, selon le gouvernement, vise à rétablir la sécurité et l’ordre. Il a précisé que l’opération cible uniquement des sites militaires et « ne constitue pas une déclaration de guerre ».

Mardi, le Yémen a connu une escalade sans précédent après la prise de contrôle, depuis début décembre, par les forces du Conseil de transition du Sud — qui réclame la séparation — des provinces de Hadramaout et Al-Mahra, lesquelles représentent près de la moitié de la superficie du pays et sont frontalières avec l’Arabie saoudite.

Le même jour, le président du Conseil présidentiel de direction du Yémen, Rachad Al-Alimi, a annoncé l’instauration de l’état d’urgence dans le pays pour une durée de 90 jours, renouvelable, afin de faire face à ce qu’il a qualifié de « tentatives de division de la République ». Il a également annoncé l’annulation de l’accord de défense conjointe avec les Émirats arabes unis, ce qui impliquerait le retrait de toutes leurs forces du Yémen dans un délai de 24 heures.

L’Arabie saoudite a accusé les Émirats arabes unis de « pousser les forces du Conseil de transition du Sud à mener des opérations militaires » le long de sa frontière sud, dans les provinces de Hadramaout et d’Al-Mahra, accusation qu’Abou Dhabi a niée.

Les tensions au Yémen se sont intensifiées après une frappe aérienne menée mardi par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre des armes arrivées au port d’Al-Moukalla (Hadramaout), sous le contrôle du Conseil de transition, en provenance du port émirati de Fujairah à bord de deux navires.

Par la suite, les Émirats arabes unis ont annoncé la fin de la mission « du reste de leurs équipes de lutte contre le terrorisme au Yémen », rappelant qu’ils avaient mis fin à leur présence militaire au sein de la coalition arabe de soutien à la légitimité dès 2019.