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Première coordination publique entre les Azawad et le groupe Jama'at Nusrat al-Islam wal: un développement qui brouille les cartes.

Cette évolution marque un tournant notable dans l’approche opérationnelle de deux entités aux idéologies, objectifs et zones d’influence différents

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Le porte-parole du mouvement Front de libération de l'Azawad, Mohamed El Mouloud Ramdan, a révélé que l’opération menée hier par des combattants du groupe à Kidal, ayant abouti à la « prise de la ville », a été réalisée en coordination avec des éléments azawadiens au sein de la Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin. Il s’agit de la première reconnaissance publique d’une coordination opérationnelle entre les deux entités, pourtant très différentes par leur idéologie, leurs objectifs et leurs zones d’influence.

Le porte-parole a affirmé dans des déclarations médiatiques qu’ils « ont coordonné avec les Azawadiens de JNIM », justifiant cette coopération par le fait que « le régime cible tout le monde », en contradiction avec ses précédentes dénégations de toute collaboration.

De son côté, la Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, dirigée par Iyad Ag Ghaly et affiliée à Al-Qaïda, a revendiqué dans un communiqué une série d’attaques contre des positions gouvernementales et militaires au Mali.

Cette coordination suggère un changement significatif dans la dynamique opérationnelle sur le terrain et pourrait indiquer une évolution des alliances entre groupes actifs dans le conflit malien.

Jusqu’ici, Mohamed El Mouloud Ramdan avait toujours nié l’existence de toute coopération avec des groupes jihadistes, malgré leur présence commune dans la région et un ennemi déclaré partagé. Il rappelait encore en septembre dernier, dans une interview à Radio France Internationale, que la coexistence géographique ne signifiait pas alliance, en raison de différences dans les objectifs et les zones d’opération.

Cependant, ses déclarations récentes confirment un changement de posture, révélant un nouveau paramètre dans l’équation sécuritaire au Mali.

Reste à savoir si cette coordination entre les deux parties se poursuivra dans les prochaines semaines, ou si elle restera limitée dans le temps et liée à des opportunités tactiques, notamment autour du contrôle de Kidal.

Des observateurs estiment que la situation pourrait encore se complexifier après la remise en cause de l’Accord d'Alger pour la paix et la réconciliation au Mali par les autorités de transition, ouvrant la voie à de nouvelles dynamiques de conflit dans le nord du pays.