Nation

L’Autorité nationale indépendante des élections brandit la menace des sanctions

Elle appelle les candidats et les partis à s’abstenir strictement d’utiliser les lieux de culte ainsi que les moyens et ressources de l’État, des collectivités locales et des établissements publics

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L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a mis en garde les candidats aux législatives contre tout dépassement susceptible de compromettre le bon déroulement de la campagne électorale. Dans un communiqué à tonalité ferme, elle a appelé les candidats et les partis à respecter strictement les règles de la pratique électorale et les dispositions légales en vigueur, après avoir constaté plusieurs infractions et irrégularités susceptibles d’exposer leurs auteurs à des poursuites.

L’ANIE a notamment insisté sur l’interdiction d’utiliser les lieux de culte, les moyens de l’État, des collectivités locales et des établissements publics à des fins de campagne. Elle a également rappelé que les lieux de travail ne peuvent servir à des activités électorales, dans le souci de préserver l’égalité des chances entre les candidats et de garantir une compétition loyale.

Parmi les manquements relevés figurent l’utilisation de véhicules officiels par certains responsables exerçant de hautes fonctions, ainsi que l’accès privilégié aux aéroports via les salons d’honneur. Des pratiques qui soulèvent la question de la séparation entre responsabilités institutionnelles et activités partisanes en période électorale.

L’Autorité a également enregistré plusieurs plaintes déposées par des formations politiques concernant l’usage de symboles de l’État par certains concurrents ou encore l’affichage anarchique de posters électoraux sur des emplacements réservés à d’autres listes. À Batna, une plainte introduite par le mouvement Ennahda contre une liste concurrente a conduit à l’intervention rapide de la représentation locale de l’ANIE. Une situation similaire a été signalée à Tizi Ouzou par un candidat du RCD, avant d’être rapidement régularisée.

Contrairement à de précédentes échéances électorales, les signalements d’infractions ne dominent pas le débat politique. L’ANIE privilégie une gestion discrète des dossiers, tandis que les partis concernés évitent généralement de médiatiser ces contentieux.

La législation électorale prévoit des peines de six mois à trois ans de prison et des amendes de 6.000 à 60.000 dinars pour toute utilisation des biens ou moyens de l’administration au profit d’un candidat ou d’un parti politique. L’affichage en dehors des espaces autorisés est, lui aussi, passible de sanctions financières.