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Le commandant de la Gendarmerie nationale met en garde

La criminalité organisée s’adapte à un rythme accéléré aux technologies numériques.

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Le commandant de la Gendarmerie nationale, le général-major Ali Sidane, a mis en garde contre la dangerosité croissante des drogues et des substances psychotropes, qui constituent désormais une menace multidimensionnelle pour la sécurité de la société, la cohésion familiale et la sécurité des usagers de la route. Il a souligné que le trafic de drogues et de psychotropes ne se limite plus à des activités criminelles isolées, mais a évolué vers des réseaux organisés transfrontaliers qui exploitent les mutations technologiques, les plateformes numériques et les applications cryptées pour étendre leurs activités et dissimuler leurs circuits criminels.

Dans une allocution prononcée lors du séminaire national organisé au Cercle national de l’Armée à Béni Messous, en coordination avec le commandement de la Gendarmerie nationale, sous le slogan « La sécurité routière est la responsabilité de tous… Non aux drogues, ensemble pour protéger la vie des usagers de la route », le général-major Sidane a expliqué que les dangers des drogues dépassent leurs effets directs sur la santé et englobent également leurs répercussions sécuritaires, sociales et économiques, ainsi que leur lien étroit avec la criminalité organisée et les accidents de la circulation.

Il a souligné que la protection du pays commence par la sécurisation des frontières, mais doit nécessairement s’étendre à l’école, à la famille et à la voie publique, dans le cadre d’une approche globale associant dissuasion, prévention, traitement et réinsertion.

Présentant l’ampleur du phénomène en Algérie, le commandant de la Gendarmerie nationale a révélé que 25 200 personnes avaient été arrêtées durant les neuf premiers mois de l’année en cours dans le cadre de la lutte contre les drogues et les substances psychotropes. Parmi elles, 5 224 ont été placées en détention, tandis que 186 réseaux criminels spécialisés dans le trafic de ces substances ont été démantelés.

Selon le responsable militaire, ces opérations ont également permis la saisie de près de 11 tonnes de kif traité, de 337 kilogrammes de cocaïne, de plus de 4 000 arbustes et de 16 000 plants de cannabis, ainsi que de plus de 13 millions de comprimés psychotropes, dont de la prégabaline, de plus de 59 000 comprimés d’ecstasy et de 132 000 comprimés d’autres types de substances psychotropes.

Le responsable a affirmé que ces chiffres reflètent l’ampleur des défis sur le terrain et les efforts déployés par les unités de la Gendarmerie nationale. Il a rappelé que ce bilan concerne uniquement ce corps de sécurité et ne comprend pas les résultats des autres services de sécurité, ce qui illustre l’ampleur de la lutte menée contre les réseaux de trafic de drogue.

Un lien étroit entre drogues et accidents de la circulation

Abordant la question de la sécurité routière, le général-major Sidane a mis en garde contre le lien étroit entre la consommation de drogues et l’augmentation des risques d’accidents de la circulation. Il a indiqué que la conduite sous l’influence de drogues et de substances psychotropes constitue l’un des comportements dangereux qui menacent la vie des conducteurs et des usagers de la route.

À ce titre, il a précisé que les opérations de dépistage préventif menées par les unités de la Gendarmerie nationale dans le cadre du contrôle routier, depuis le début de l’année 2026, avaient donné lieu à 167 tests, dont 152 se sont révélés positifs. Par ailleurs, 162 cas liés à des accidents de la circulation ont été enregistrés, parmi lesquels 144 accidents provoqués par des conducteurs sous l’influence de drogues et de substances psychotropes.

Ces données, selon l’allocution, soulignent l’importance de renforcer les mécanismes de dépistage sur le terrain et à titre préventif. La lutte contre les drogues ne doit pas se limiter à la traque des réseaux de contrebande et de trafic, mais doit également englober les comportements individuels susceptibles de constituer une menace directe pour les vies humaines et les biens.

Une approche globale au-delà de la seule réponse sécuritaire

Le commandant de la Gendarmerie nationale a souligné que la propagation des drogues était liée à plusieurs facteurs interdépendants, notamment la précarité sociale et les idées erronées qui encouragent la consommation, ainsi que l’intensification des activités des réseaux de trafic, qui recourent désormais aux nouvelles technologies, aux plateformes numériques et aux applications cryptées pour faciliter leurs communications et dissimuler leurs activités criminelles.

Il a ajouté que les importants profits financiers générés par ces réseaux les poussent à inventer de nouvelles méthodes et à étendre leur influence, notamment en exploitant les catégories sociales vulnérables et leurs besoins. La lutte contre les drogues fait ainsi partie d’un combat plus large visant à protéger l’économie nationale, à lutter contre la criminalité organisée et à préserver la stabilité du pays.

Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité de faire la distinction entre la personne souffrant d’addiction, qui a besoin d’une prise en charge médicale et psychologique ainsi que d’une réinsertion, et les réseaux criminels qui commercialisent ces substances et exploitent la souffrance des individus pour réaliser des profits. Selon lui, l’efficacité de la lutte exige de conjuguer la fermeté dans l’application de la loi avec la prévention et la prise en charge sanitaire et sociale.

Il a également souligné que l’approche sécuritaire, aussi efficace soit-elle, ne saurait atteindre les résultats escomptés sans être complétée par des approches éducatives, sanitaires, sociales et économiques, considérant que la sécurité endigue la criminalité, l’éducation construit la conscience, la santé traite les préjudices et la justice garantit l’application de la loi.

Des démarches pour un classement international de la prégabaline

Dans le cadre des efforts visant à renforcer le dispositif juridique et les moyens techniques de lutte contre ce fléau, le commandant de la Gendarmerie nationale a indiqué que la prégabaline avait été classée parmi les substances interdites en vertu de la nouvelle législation de 2025. Il a également fait état du lancement d’un projet visant à obtenir son classement au niveau international parmi les substances stupéfiantes.

Il a enfin évoqué les efforts déployés pour développer des moyens de dépistage rapide des drogues dures, notamment la cocaïne, directement sur le terrain, au niveau des barrages de contrôle et des patrouilles mobiles des forces de sécurité, afin de renforcer les capacités opérationnelles des unités à détecter les cas de consommation.