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Une campagne électorale sans affiches, Facebook en première ligne

Lors de sa tournée dans plusieurs quartiers de la capitale, El Khabar a constaté que les rues sont nettement moins envahies par les portraits des candidats et les slogans des partis politiques

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Dès les premiers jours de la campagne pour les législatives du 2 juillet prochain, un constat s’impose dans les rues de la capitale et des grandes villes : les affiches électorales et les portraits des candidats se font rares. Autrefois symbole incontournable de la compétition politique, ce support traditionnel semble céder progressivement du terrain aux réseaux sociaux, devenus un outil central de communication électorale.

Lors de sa tournée dans plusieurs quartiers d’Alger, El Khabar a observé des espaces d’affichage peu occupés et des rues nettement moins envahies par les slogans et les images de campagne. Une évolution qui reflète la montée en puissance des plateformes numériques, notamment Facebook, désormais au cœur des stratégies de promotion politique.

Plusieurs candidats, qu’ils soient issus de partis ou indépendants, expliquent cette situation par leur volonté de retarder l’installation des affiches jusqu’aux derniers jours de la campagne afin de les préserver jusqu’au scrutin. Souvent détériorés ou arrachés, volontairement ou non, ces supports représentent un investissement financier important dont la perte peut s’avérer coûteuse.

Dans ce contexte, les listes en lice pour les élections législatives privilégient de plus en plus les outils numériques, qui permettent de toucher rapidement un large public grâce aux vidéos, aux diffusions en direct et aux publications interactives. Ces moyens séduisent particulièrement les jeunes candidats et les indépendants, qui misent davantage sur la communication en ligne pour mobiliser les électeurs.

Les réseaux sociaux ne sont ainsi plus de simples compléments aux campagnes traditionnelles ; ils sont devenus un véritable espace de compétition politique, de promotion des programmes et de construction de l’image des candidats. Cette tendance est renforcée par l’augmentation constante du nombre d’internautes et d’utilisateurs de smartphones en Algérie, ainsi que par la volonté de réduire les coûts de campagne.

Pour sa part, le dirigeant du Parti des travailleurs, Ramadan Tazibt, attribue l’absence relative d’affiches et de banderoles électorales à plusieurs facteurs, notamment le retard dans la publication définitive des listes de candidats retenus, conséquence des recours et procédures judiciaires engagés après l’examen des dossiers.

Dans une déclaration à El Khabar, il a expliqué que de nombreuses listes n’ont pas pu préparer leur campagne sur le terrain dans les délais souhaités, les décisions finales étant intervenues après le traitement des recours devant les juridictions administratives. Cette situation a entraîné une forte pression sur les candidats pour imprimer affiches, tracts et documents de campagne dans un laps de temps réduit, accentuant la charge de travail des imprimeries.

Selon lui, plusieurs partis, dont le Parti des travailleurs, avaient déjà entamé la préparation de certains supports de communication, mais l’attente de la validation définitive des listes et de l’ordre des candidats a freiné l’achèvement de ces opérations, réduisant ainsi la visibilité traditionnelle de la campagne dans l’espace public.

Ramadan Tazibt souligne toutefois que les réseaux sociaux constituent aujourd’hui un outil de communication incontournable grâce à leur capacité à atteindre un grand nombre de citoyens à moindre coût. Il précise néanmoins que son parti ne mise pas exclusivement sur le numérique et continue d’accorder une grande importance au contact direct avec les électeurs, à travers des visites de proximité, des rencontres de terrain et des échanges dans les quartiers, marchés et transports publics. Selon lui, le contact direct demeure l’un des moyens les plus efficaces de communication politique.