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Mahrez quitte la CAN entre victoires et défaites

Le capitaine des "verts" espérait clore son aventure africaine par un troisième titre, retrouvant avec les Algériens les joies de la Coupe d’Afrique des Nations de 2019 au Caire

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Le sélection nationale algérienne a été éliminée des quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, et avec elle, le capitaine Riyad Mahrez quitte également la compétition africaine, après un parcours riche en victoires et défaites au cours de ses six participations, de l’édition 2015 à celle de 2025.

Le message d’excuses que Mahrez a adressé aux supporters algériens en quittant le terrain du stade de Marrakech, le pas lourd après l’élimination face au Nigeria, n’était pas ordinaire. Il ne se résumait pas à une simple élimination supplémentaire dans la longue série de désillusions continentales, mais constituait une véritable confrontation avec la réalité pour un joueur qui a forgé sa légende et écrit une partie de l’histoire du football algérien. Dans ce contexte, le fair-play et l’éthique sportive ont été largement éclipsés par des pratiques injustes, notamment un arbitrage controversé qui a marqué la compétition marocaine et transformé ce qui aurait dû être une fête du football africain en un « cauchemar », ternissant l’image du continent.

Mahrez espérait clore son aventure africaine par un troisième titre, retrouvant avec les Algériens les joies de la CAN 2019 au Caire. Après un début prometteur dans la phase de groupes, marqué par deux buts contre le Soudan et un autre face au Burkina Faso, Mahrez entrait dans la CAN 2025 avec un lourd passé et des souvenirs encore vivants dans l’esprit des Algériens depuis l’été 2019. Mais la réalité au Maroc a montré que le temps ne s’arrête pas sur les moments de gloire et que la compétition africaine ne reconnaît aujourd’hui que « les forces du mal », tandis que ce qu’il appelle « la mafia » a pris le contrôle de la CAF.

Entrant dans la compétition avec le brassard de capitaine et une responsabilité immense, Mahrez devait compenser les échecs des éditions 2021 et 2023 et ramener le prestige du football algérien sur le continent. Il savait que le moindre faux pas était interdit et que son nom n’était plus seulement synonyme d’éloges ou de peur pour les adversaires, mais de contribution concrète sur et en dehors du terrain. Mahrez et ses coéquipiers ont su éviter les pièges psychologiques tendus par leurs rivaux depuis l’arrivée à Marrakech. Ni les rumeurs, ni la manipulation des images, ni la tentative de vol du ballon n’ont entamé leur concentration. Mais le piège sur le terrain face au Nigeria, combiné à un arbitrage injuste et à la force de l’équipe nigériane, a finalement conduit Mahrez à céder, marquant un moment de départ et d’excuse pour le meilleur joueur africain 2016.

Lâge, 35 ans, a également joué un rôle dans la baisse de performance de Mahrez lors de sa sixième participation continentale. Toutefois, les souvenirs de 2019 et sa contribution au deuxième titre continental de l’Algérie restent gravés dans l’esprit de ses supporters. Comme beaucoup d’autres stars africaines, il a été soumis à un examen critique avant, pendant et après la compétition.

L’ancien joueur de Manchester City n’a pas toujours été décisif et a peiné à suivre le rythme intense lors des phases à élimination directe. Il a rencontré des difficultés physiques face à la République démocratique du Congo et lors du quart de finale contre le Nigeria, laissant entendre qu’une nouvelle génération devait reprendre le flambeau.

Comme pour toutes les stars, les critiques se sont multipliées après chaque échec. Le slogan « Le peuple veut la CAN », scandé par les supporters algériens au Maroc, a accentué la pression sur Mahrez, qui portait un rôle de capitaine dans des conditions très différentes de celles de la victoire de 2019 au Caire. Ce sacre reste le plus grand accomplissement international du joueur de l’Al-Ahli saoudien, mais il a aussi entraîné des défis, car il n’a pas pu maintenir la dynamique victorieuse lors des éditions suivantes : élimination au premier tour au Cameroun en 2021, puis situation similaire en Côte d’Ivoire avec l’entraîneur Djamel Belmadi.

Mahrez a tenté de renverser la tendance en 2025, aidé par un entraîneur expérimenté et une équipe combinant joueurs chevronnés et jeunes talents. Même si le premier tour a été franchi, la manière dont l’Algérie a quitté la compétition a provoqué une grande déception parmi les joueurs, et notamment Mahrez, incapable de suivre le rythme imposé par le Nigeria et de surmonter l’injustice arbitrale du Sénégalais Issa Seye, qui a utilisé tous les moyens pour écarter les coéquipiers de Mahrez.

Riyad Mahrez quitte donc la CAN 2025 avec le maillot national, emportant dans ses bagages joies, peines et statistiques, consolidant sa place dans l’histoire des participations algériennes à la compétition africaine. Il est le joueur le plus capé de l’équipe nationale en CAN avec 24 matchs, aux côtés de son coéquipier Issa Mandi, et est également le meilleur buteur algérien dans cette compétition.

Malgré un flot de critiques, Mahrez reste une légende du football algérien, fidèle à la sélection nationale et au maillot, même au sommet de sa carrière et parmi les meilleurs joueurs du monde.

La page de la CAN est désormais tournée pour Riyad Mahrez, entre victoires et défaites. Sa carrière internationale se poursuivra lors de la Coupe du monde 2026, sa deuxième participation après celle de 2014 au Brésil, avant de passer le flambeau à la nouvelle génération, menée par Hadj Moussa, Maza, Kebbal, Boulbina et d’autres jeunes talents.