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Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a présidé, ce lundi, une session de débat ouvert au Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.
Dans son discours, retransmis par la télévision publique, Attaf a déclaré : « Nous sommes venus à cette réunion porteurs de sentiments mêlés, entre espoir et prudence, entre attente et aspiration, pour voir la guerre contre Gaza prendre fin. L'accord de cessez-le-feu dans cette terre palestinienne meurtrie a été longtemps attendu, en raison de la mise en œuvre du projet israélien à Gaza en particulier, et dans la région en général».
« Cet accord a été entravé par de nombreux obstacles, tant apparents que cachés, tant publiquement que secrètement. Son absence a longtemps frustré la communauté internationale, qui a mis tout son espoir dans cet accord pour alléger la souffrance des Palestiniens et briser le blocage du processus politique visant à résoudre la question palestinienne en particulier, et à restaurer la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient en général. Nous remercions et saluons le groupe de médiation internationale qui a travaillé sans relâche pour parvenir à cet accord après 15 mois de guerre, qui a fait un bilan tragique difficile à décrire, même avec les chiffres», a-t-il ajouté.
Le ministre des Affaires étrangères a poursuivi : « Gaza n'est plus Gaza après les crimes qui y ont été commis, faisant plus de 46.000 martyrs, dont la plupart sont des femmes et des enfants. Gaza n'est plus Gaza après les destructions énormes de ses terres, de ses bâtiments, de ses hôpitaux, de ses commerces, de ses écoles, de ses universités, mais aussi de ses mosquées, de ses églises, de ses refuges et de ses cimetières. Gaza n'est plus Gaza après la destruction totale de ses infrastructures et de ses ressources, et la liquidation de toutes ses artères économiques et sociales, en plus de l'appauvrissement de son peuple et de la privation de ses moyens de subsistance et de survie».
Il a souligné que, malgré ce bilan catastrophique, « le peuple palestinien a tenu à sortir dans Gaza et dans toutes ses territoires occupés pour célébrer l'annonce du cessez-le-feu ».
« Gaza n'est pas un territoire sans propriétaire, sans avenir. Son avenir est déterminé avant tout par les Palestiniens eux-mêmes, loin des interventions extérieures qui ne feraient qu'accentuer les divisions», a-t-il ajouté.
L'Algérie continuera de soutenir le peuple palestinien
Attaf a insisté sur le fait que « le cessez-le-feu à Gaza ne sera ni complet, ni définitif, ni durable, sauf s'il repose sur un processus politique ciblé, éclairé, audacieux et sincère, qui a pour priorité la résolution finale de la question palestinienne, selon la formule de la solution à deux États, internationalement reconnue, aujourd'hui plus que jamais».
Il a précisé que, sous la direction du président Abdelmadjid Tebboune, l'Algérie poursuivra, avec une grande détermination, son rôle traditionnel et son engagement actif dans tous les efforts internationaux visant à « répondre aux besoins humanitaires du peuple palestinien à Gaza dès la levée du blocus injuste qui lui est imposé, à travers des contributions aux efforts de secours, en fournissant une aide à la construction d'hôpitaux de campagne lorsque les conditions seront réunies, ainsi qu'en continuant à soutenir l'UNRWA, qui a été injustement accusée et menacée, sans pour autant perdre sa raison d'être».
L'Algérie soutiendra également le processus de réconciliation et d'unité nationale palestinienne, qu'Attaf a qualifié de « nécessité impérieuse », et qui doit être mené de manière à garantir la fin des divisions que le peuple palestinien a trop longtemps endurées.
Le ministre a conclu en indiquant que l'Algérie continuera de défendre « la solution à deux États, consacrée par la légitimité internationale, en travaillant à préserver les éléments constitutifs d'un futur État palestinien indépendant et souverain, et à permettre son adhésion pleine et entière à l'Organisation des Nations Unies, tout en renforçant les reconnaissances internationales de cet État en vue de la conférence internationale prévue pour le milieu de cette année».