Economie

Le brut algérien au sommet des pétroles de l’Opep

Son prix a bondi de 24 dollars au cours du mois de septembre

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Le pétrole algérien Sahara Blend poursuit son ascension et s’impose en tête du panier de référence de l’Opep, porté par les bouleversements qui secouent les marchés énergétiques mondiaux. Dans le même temps, l’organisation a revu à la baisse, pour la sixième fois consécutive, ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole, sur fond de perturbations majeures de l’approvisionnement, selon son rapport mensuel.

Sahara Blend, le brut le plus cher
Le rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), publié en octobre 2026, révèle que le Sahara Blend algérien a poursuivi sa forte progression au cours du mois de septembre 2026, atteignant 118,49 dollars le baril, contre 94,32 dollars en août, soit une hausse mensuelle de 24,17 dollars le baril, équivalant à une progression d’environ 26 %.

Sur une base annuelle, le prix moyen du brut algérien depuis le début de 2026 s’est établi à environ 96,95 dollars le baril, contre 71,49 dollars sur la même période de 2025, soit une hausse de 25,46 dollars, représentant une progression avoisinant les 36 %.

Cette hausse place le Sahara Blend en tête du panier de référence de l’Opep, devant le brut nigérian Bonny Light, dont la moyenne annuelle a atteint 96,58 dollars le baril, ainsi que le brut libyen Es Sider, à 117,49 dollars, et le pétrole saoudien Arab Light, à 109,02 dollars.

Dans le même contexte, le prix moyen du panier de référence de l’Opep (ORB) s’est établi à environ 110,59 dollars le baril en septembre 2026, en hausse de 24,15 dollars par rapport au mois d’août, soit une progression de 28 %. Depuis le début de l’année, la moyenne du panier a atteint 93,54 dollars le baril, contre 71,51 dollars en 2025.

Les prévisions de la demande revues à la baisse pour la sixième fois
L’Opep a abaissé ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour la sixième fois consécutive en 2026, les ramenant à 200 000 barils par jour, contre une estimation précédente de 400 000 barils par jour dans son rapport du mois d’août. Cette révision représente une réduction de 50 % des prévisions de croissance.

Cette sixième révision consécutive à la baisse intervient dans un contexte de perturbations de l’approvisionnement mondial provoquées par la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran et ses répercussions persistantes sur l’économie mondiale. Le conflit a entraîné une perturbation de la navigation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. Cette situation a fait grimper les coûts du transport maritime et de l’assurance à des niveaux sans précédent, ces coûts dépassant le tiers de la valeur des marchandises transportées.

Les données indiquent que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz demeure inférieur d’environ 43 % à ses niveaux d’avant le conflit. Le volume quotidien moyen confirmé s’établit à quelque 9,7 millions de barils, contre 17,1 millions de barils avant le déclenchement de la guerre.

Bien que certaines voies alternatives, notamment via les ports de la mer Rouge et du Golfe, aient contribué à atténuer la crise, le volume total des exportations de la région reste inférieur d’environ 24 % à son niveau d’avant-guerre.

Production de l’Opep+ : une hausse malgré les perturbations de l’approvisionnement
Sur le plan de la production, l’Opep a indiqué que la production pétrolière algérienne avait dépassé le seuil du million de barils par jour, atteignant 1,003 million de barils par jour en septembre, contre un million en août. Il s’agit de son niveau le plus élevé depuis avril 2023.

Cette hausse est conforme au plafond de production fixé pour l’Algérie en septembre, dans le cadre des plans des sept pays du groupe Opep+ visant à mettre fin aux réductions volontaires de production de 1,65 million de barils par jour.

La production de l’Opep a atteint 25,097 millions de barils par jour en septembre, contre 24,117 millions en août, soit une hausse de 980 000 barils par jour. Dans le même temps, la production des pays non membres de l’Opep a légèrement reculé, passant de 13,988 millions de barils par jour en août à 13,971 millions en septembre.

La production totale des pays de l’Opep+ s’est établie à 39,068 millions de barils par jour en septembre, contre 38,165 millions en août, soit une augmentation de 903 000 barils par jour.

En revanche, l’organisation a relevé ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2027 à 2,6 millions de barils par jour, contre une estimation précédente de 2,4 millions. La demande mondiale moyenne devrait ainsi atteindre environ 108,3 millions de barils par jour en 2027, contre 105,7 millions en 2026.

Pour l’Algérie, le franchissement du seuil du million de barils par jour en septembre constitue une avancée symbolique importante. Reste toutefois à maintenir ce niveau dans un contexte marqué par les réductions volontaires de production de l’Opep+, tout en tirant profit de ces recettes élevées pour diversifier l’économie et réduire sa dépendance à la rente pétrolière.