À l’approche de la visite du pape Léon XIV en Algérie, prévue du 13 au 15 avril prochain, des voix médiatiques hostiles à l’Algérie, notamment en France, se sont élevées, tentant de présenter cette visite comme une simple « manœuvre politique » visant à redorer l’image de l’Algérie à l’international, en ignorant la dimension spirituelle mise en avant par le Vatican et ses représentants en Algérie depuis l’annonce de la visite.
Malgré les déclarations de l’archevêque d’Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco, affirmant que le pape « n’a rien à vendre » et que sa visite « s’inscrit dans un esprit de détachement et de bénévolat, en tant que fils de saint Augustin », et qu’il se rend en Algérie « pour rencontrer un peuple musulman envers lequel l’Église se sent envoyée par une grâce divine discrète », les milieux hostiles à Paris ont particulièrement attaqué cette visite, que l’Église présente comme « une manifestation sacrée fondée sur le dialogue et la rencontre religieuse, loin de tout calcul politique étroit ».
Malgré ce message clair, les attaques médiatiques se sont intensifiées, menées par des courants d’extrême droite et des personnalités liées aux groupes de mémoire française et à certains cercles laïcs. Plusieurs publications et articles ont tenté de présenter la visite du pape comme « accordant une légitimité au régime algérien », contribuant à « blanchir l’histoire » et à « instrumentaliser saint Augustin à des fins politiques ».
Cette campagne médiatique, restée silencieuse face aux violations documentées commises par Israël contre les chrétiens et les églises en Palestine — notamment la destruction de biens religieux, les restrictions d’accès, les limitations de restauration des églises, et parfois leur intrusion pendant les offices, ainsi que des agressions physiques et des arrestations arbitraires visant les chrétiens palestiniens — s’est mobilisée pour attaquer l’Algérie à l’occasion de cette visite historique.
Alors que les autorités algériennes et l’Église locale affirment que la visite du pape porte un message de paix et de coexistence, et reflète l’image d’une Algérie modérée, favorable au dialogue interreligieux, loin des calculs politiques étroits, les acteurs de la campagne ont concentré leurs critiques sur les dossiers des « moines de Tibhirine » et de la « fermeture des églises non autorisées », en omettant que les autorités algériennes traitent ces questions dans le cadre des lois et règlements encadrant la pratique religieuse des non-musulmans.
Les mêmes parties qui se réclament de la défense du patrimoine chrétien ont ignoré les graves violations commises contre les chrétiens de Palestine, notamment les restrictions à la liberté de culte et de circulation, la fermeture partielle ou totale de monastères et d’églises sous prétexte sécuritaire, la confiscation de terres appartenant aux églises, les pressions pour leur vente au profit de colons, ainsi que les atteintes aux symboles chrétiens et la profanation de lieux saints, menaçant la présence chrétienne dans des régions historiques comme Jérusalem et Bethléem.
Derrière ces attaques médiatiques se trouvent des acteurs aux objectifs divers, notamment des lobbies d’extrême droite en France, qui perçoivent l’Algérie à travers le prisme du passé colonial. Le rapprochement entre l’Algérie et le Vatican les dérange, car il présente l’Algérie comme un centre de dialogue religieux, en contradiction avec les stéréotypes qu’ils diffusent sur l’intolérance supposée des pays du sud de la Méditerranée. S’ajoute à cela une certaine sensibilité face au fait que le pape privilégie l’Algérie plutôt que la France dans ses visites officielles.
Par ailleurs, certaines organisations internationales non gouvernementales, à caractère religieux ou de défense des droits, axées sur la liberté de croyance, ont exploité cette visite pour exercer une pression sur le gouvernement concernant le dossier des églises fermées non autorisées, notamment en Kabylie, dans le but de l’embarrasser devant l’opinion publique catholique mondiale et d’obtenir des concessions juridiques liées à la pratique du culte.
Parmi les acteurs de cette campagne figurent également des cercles de pression liés à des parties régionales hostiles, qui utilisent le soft power dans le cadre du conflit diplomatique avec l’Algérie. À travers des plateformes médiatiques et des centres de réflexion, notamment ceux proches de positions marocaines ou soutenant certaines agendas au Sahel, ils cherchent à présenter la visite comme une simple couverture politique, vidant ainsi l’événement de sa dimension spirituelle pour en faire une crise politique internationale, dans le but de nuire à la présence diplomatique algérienne et de freiner l’essor de son influence.
Cette campagne virulente contredit les déclarations du nouvel ambassadeur du Vatican en Algérie, Javier Herrera Corona, qui a récemment souligné « la profondeur des relations historiques entre l’Algérie et le Saint-Siège, s’étendant sur plus de cinquante ans », inscrivant la visite du pape Léon XIV dans ce cadre.
Cette position officielle confirme que la visite « n’est pas un simple événement ponctuel, mais l’aboutissement de relations diplomatiques solides établies depuis un demi-siècle, visant à renforcer l’amitié, le respect mutuel et le dialogue religieux entre les deux parties, en cohérence avec la dimension spirituelle de la présence papale, loin de toute interprétation politique étroite ».
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