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La Russie félicite l’Algérie et envoie des messages

Un partenariat stratégique entre les deux pays qui dépasse les divergences sur certaines questions régionales et gazières en Europe

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La Russie a adressé à l’Algérie des félicitations particulières à l’occasion du 64e anniversaire de l’établissement des relations entre les deux pays, en y glissant plusieurs messages politiques et diplomatiques.

Le message, relativement long, a été publié hier sur la page Facebook de son ambassade, rappelant que les relations entre Moscou et Alger remontent à l’époque de Union soviétique, considérée comme le premier État à « tendre la main de l’amitié à la jeune république » à l’époque, tout en saluant la reconnaissance par l’Algérie de la Fédération de Russie en 1991.

Dans ce qui s’apparente à un bilan de l’héritage commun entre les deux pays, liés par un « partenariat stratégique » signé il y a trois ans lors de la visite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à Moscou, l’ambassade a détaillé les spécificités et caractéristiques des relations russo-algériennes, conférant ainsi à ce message une dimension politique.

Malgré des divergences apparues dans les positions et approches politiques des deux pays sur certains aspects de la présence russe au Sahel et en Libye, ainsi que la « contradiction » observée lorsque l’Algérie s’est imposée comme alternative au gaz russe dans le contexte de la guerre en Ukraine, les relations sont restées solides dans leur essence et n’ont pas été affectées.

Sur le plan politique, l’ambassade a indiqué que la Russie et l’Algérie entretiennent un dialogue politique actif, développent efficacement les liens parlementaires et échangent des délégations à différents niveaux. Elle a rappelé la visite d’Abdelmadjid Tebboune en Russie en 2023, au cours de laquelle le « partenariat stratégique » a été signé, ainsi que les trois rencontres du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avec son homologue algérien Ahmed Attaf.

La Russie, à travers sa représentation diplomatique, a également évoqué les accords intergouvernementaux portant notamment sur l’accès accordé à l’Algérie au système « GLONASS », un système russe de navigation par satellite comparable au GPS, permettant de déterminer avec précision la localisation partout sur Terre.

L’ambassade a aussi mentionné la coopération en matière de protection de la propriété intellectuelle dans le cadre de la coopération militaire et technique bilatérale, ainsi que l’accord d’entraide judiciaire, notamment dans les affaires pénales.

La Russie considère l’Algérie comme l’un de ses principaux partenaires commerciaux en Afrique ces dernières années, révélant que le volume des échanges bilatéraux atteint environ trois milliards de dollars par an. Les exportations russes comprennent des produits de haute technologie (machines, équipements et moyens de transport), ainsi que des denrées alimentaires et des produits agricoles, selon la même source.

Parmi les axes importants de la coopération russo-algérienne figurent également des projets dans les domaines de l’énergie, de la métallurgie, de la sidérurgie et de l’automobile.

La coopération dans le domaine de l’éducation se renforce également : plus de 3 000 étudiants algériens poursuivent actuellement leurs études en Russie, tandis que le nombre total de diplômés algériens des universités civiles et militaires russes atteint environ 20 000.

La représentation diplomatique a en outre rappelé la reconnaissance par l’Algérie de la Fédération de Russie en 1991, après la dissolution de l’Union soviétique. Les relations entre les deux pays sont historiques, particulières et solides, comme en témoignent de nombreuses étapes évoquées — ou non — par le ministère, malgré des divergences sur plusieurs dossiers internationaux sensibles, notamment la gestion de la présence russe au Sahel et en Libye, avant un retrait partiel.

Enfin, l’ambassade est revenue sur l’histoire des relations bilatérales en rappelant « le soutien apporté par l’Union soviétique au peuple algérien au lendemain de l’indépendance », à travers la participation d’ingénieurs et de spécialistes soviétiques à la construction des infrastructures et leur contribution majeure au développement économique de l’Algérie.