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Discours de Goïta…, contradiction entre Moscou et Bamako

Absence d’enthousiasme dans son discours, limité aux condoléances et aux remerciements à la Russie et à ses propres forces.

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Le général Assimi Goïta, s'est adressé hier soir à la nation à la suite des attaques qui ont visé plusieurs institutions et villes, et qui ont également entraîné la mort du ministre de la Défense. Il s'agissait de sa première déclaration après les événements.

Goïta est apparu en tenue militaire, s'adressant au peuple malien avec des mots rassurants, tentant de remonter le moral de la nation dans ces "moments difficiles que traverse le pays".

L'enthousiasme était absent de son discours, qui s'est limité aux condoléances et aux remerciements à la Russie et à ses propres forces.

Cependant, ce qui est frappant dans le discours de Goïta, c'est que l'approche officielle a traité les événements comme des actes terroristes "coordonnés et synchronisés" visant à "répandre un climat de violence et de panique", et non comme une tentative de coup d'État que les forces de la Légion africaine russe auraient déjouée, comme l'avait mentionné hier un communiqué du ministère russe de la Défense.

Cette description officielle utilisée par Goïta pour qualifier les attaques révèle une contradiction entre les deux "alliés" – Bamako et Moscou – dans leur traitement des attaques menées par le Front de libération de l'Azawad et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda et classé internationalement comme organisation terroriste.

Goïta n'a mentionné à aucun moment dans son discours, qui a duré environ neuf minutes, une quelconque tentative de prise du pouvoir par la force, alors que le communiqué du ministère russe de la Défense s'est articulé autour d'une tentative de coup d'État à laquelle auraient participé 12 000 combattants qui "ont tenté de s'emparer d'installations clés, y compris le palais présidentiel dans la capitale, Bamako".

On remarque également dans le discours présidentiel l'absence de tout lien entre les "groupes terroristes" et le soutien ukrainien, contrairement à ce qu'affirmait le communiqué du ministère russe de la Défense, qui accusait certains éléments ayant "tenté de s'emparer du pouvoir" d'avoir été entraînés par des mercenaires ukrainiens et européens.

Cette contradiction et cette divergence dans les termes utilisés pour décrire les mêmes faits donnent l'impression qu'il existe des lacunes et un manque de cohérence et de coordination au niveau des ententes entre Bamako et Moscou dans la gestion de leurs "accords" et de leurs approches des événements, ce qui accroît les craintes d'une propagation de la violence au détriment du rapprochement et du dialogue.

Il est également frappant de constater l'absence totale de déclarations concernant le soutien turc, qui était présent par le passé et s'était concrétisé par la fourniture à l'armée malienne de drones de fabrication turque lors de leurs affrontements avec les combattants de l'Azawad l'année dernière.