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L’épouse de Kamel Daoud sort de son silence

Elle se dit « innocente » dans l’affaire du roman « Houris » et affirme que « sa voix ne doit pas étouffer la sienne »

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Depuis l’éclatement de l’affaire du roman de Kamel Daoud, « Houris », dans lequel son nom a été mentionné, l’épouse de l’écrivain avait gardé le silence jusqu’à hier. Elle a alors adressé une déclaration à l’Agence France-Presse (AFP), dans laquelle elle affirme être « innocente », sans en dire autant de Kamel Daoud, et critique les positions de son mari sur plusieurs dossiers.

Pour rappel, Kamel Daoud, qui réside en France, a publié en 2024 son roman « Houris », dans lequel il raconte l’histoire d’une jeune fille ayant survécu à un massacre terroriste durant la décennie noire en Algérie. L’ouvrage lui a valu le prestigieux prix français Goncourt.

Quelques semaines avant cette consécration, une femme prénommée Saâda Arban avait déclaré, lors d’un entretien télévisé, qu’elle suivait un traitement psychologique auprès de la psychiatre Aïcha Dahdouh, à Oran, épouse de Kamel Daoud.

La femme avait livré des détails sur son histoire. Elle est une rescapée d’un massacre terroriste à Tiaret, dont le récit présente de grandes similitudes avec celui de la jeune fille dans le livre de Kamel Daoud.

Saâda Arban avait accusé l’écrivain d’avoir exploité son histoire tragique dans son ouvrage. Elle avait également mis en cause son épouse, qu’elle soupçonnait d’être impliquée dans cette affaire en ayant transmis son dossier médical à son mari.

Revenant sur la déclaration de la psychiatre Aïcha Dahdouh, l’AFP rapporte que celle-ci affirme n’avoir jamais enfreint la règle sacrée de la médecine : « le secret médical ».

Elle a ajouté que « la voix de son mari ne doit pas étouffer la sienne », une déclaration qui semble marquer une prise de distance vis-à-vis de son époux.

Toujours dans sa déclaration, dans laquelle elle a affirmé être prête à comparaître devant la justice algérienne, elle a tenu des propos qui pourraient être interprétés comme une accusation implicite à l’encontre de son mari. Évoquant ses divergences philosophiques avec Kamel Daoud, elle a notamment affirmé : « Ce qui nous sépare le plus profondément, c’est notre manière de considérer la souffrance des autres. »

Dans le même contexte, elle a ajouté : « Je ne partage pas les positions de mon mari sur trois sujets : l’Algérie, l’islam et la Palestine. »

Kamel Daoud écrit régulièrement dans les colonnes de l’hebdomadaire français Le Point. Ses prises de position sur l’islam et le génocide à Gaza ont suscité la controverse à plusieurs reprises. Il a notamment continué à reprendre le récit de l’occupation concernant ce qui se passe dans le territoire palestinien. Ses positions sur l’islam et les migrants présentent également des similitudes avec celles de l’extrême droite, de même que ses positions sur l’Algérie.

Si Aïcha Dahdouh n’a pas directement accusé Kamel Daoud d’avoir volé le récit de la vie de Saâda Arban, elle s’est contentée de se défendre, sans jamais affirmer que son mari était innocent, contrairement à ce qu’elle a déclaré à son propre sujet. Affaire à suivre.