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Des étapes accélérées pour renforcer la coopération entre l’Algérie et le Mali

Sifi Ghrieb à Bamako demain lundi

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La capitale malienne, Bamako, se prépare à accueillir, demain lundi, le Premier ministre Sifi Ghrieb, dans le cadre d’une visite qualifiée d’« importante et décisive », puisqu’elle vient couronner un processus accéléré de rapprochement diplomatique entre les deux pays voisins, après une crise aiguë qui a duré près de 14 mois et failli compromettre des décennies de coordination commune dans la région du Sahel africain.

Sifi Ghrieb devrait se rendre dans le pays voisin du sud, porteur d’un message écrit du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au président de la période de transition au Mali, le général Assimi Goïta. Selon des sources concordantes, cette visite constitue une réaffirmation de la « nature stratégique des relations, indispensables à la stabilité de la région », dans une démarche qui marque l’ouverture d’une nouvelle étape dans la reconstruction de la confiance mutuelle.

Ce tournant positif est le fruit d’intenses efforts diplomatiques menés depuis plusieurs mois par les capitales des deux pays et qui se sont particulièrement accélérés en juillet dernier, dans le but de réorganiser les relations bilatérales sur la base des principes de respect mutuel et de bon voisinage. Cette détente s’est concrétisée par une série de mesures pratiques importantes, à commencer par la reprise de la représentation diplomatique le 10 juillet 2026, lorsque les deux pays ont annoncé simultanément le retour de leurs ambassadeurs à leurs postes respectifs. L’ambassadeur algérien, Kamel Ratib, a ainsi repris ses fonctions à Bamako, tandis que l’ambassadeur malien a repris son activité à Alger.

Ce processus a coïncidé avec une mesure importante visant à mettre fin aux restrictions imposées à l’espace aérien entre les deux pays. Les ministères de la Défense nationale algérien et malien ont ainsi décidé de lever toutes les restrictions aériennes précédemment en vigueur et de rouvrir totalement l’espace aérien, permettant le rétablissement des liaisons directes de transport et d’approvisionnement.

Sur le plan politique, la diplomatie discrète menée par l’Algérie a contribué à faire fondre davantage la glace, notamment après l’appel téléphonique du Premier ministre Sifi Ghrieb à son homologue malien, le 9 août dernier, qui a ouvert la voie à l’organisation de rencontres directes entre les responsables des deux pays.

Ce processus s’est renforcé avec la visite du Premier ministre malien, le général de corps d’armée Abdoulaye Maïga, en Algérie le 24 août dernier. Cette visite a constitué une étape déterminante dans le rapprochement entre les deux pays. Il a été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune et la visite s’est conclue par l’annonce par les deux parties d’une « convergence de vues » sur les questions d’actualité.

Le rapprochement ne s’est pas limité aux volets politique et diplomatique, mais s’est également étendu au domaine économique, à travers ce qui peut être qualifié de « diplomatie des investissements », avec le lancement de consultations visant à relancer les projets de développement commun dans les zones frontalières et à reprendre la coopération dans les domaines de l’énergie et du commerce, donnant ainsi aux relations bilatérales une dimension concrète qui dépasse la simple gestion des différends politiques.

Les discussions attendues entre Sifi Ghrieb et les responsables maliens à Bamako revêtent une importance stratégique majeure. Outre la consolidation des bases de la détente diplomatique, l’ordre du jour devrait être dominé par des dossiers sécuritaires complexes liés à la lutte contre le terrorisme et à la sécurisation de la vaste frontière commune, ainsi que par l’examen des moyens de relancer les investissements économiques conjoints susceptibles de contribuer à la stabilité de la région du Sahel.

Cette étape reflète également la prise de conscience, par les deux parties, de l’importance de réactiver les canaux de coordination entre les deux capitales, considérés comme un pilier essentiel des équilibres sécuritaires et politiques au cœur du continent africain.