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Soltani : la véritable bataille de l’Algérie se joue dans les mentalités

Soltani estime que la France considère toujours ses anciennes colonies comme « son arrière cour ».

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Aboudjerra Soltani, membre du Conseil de la Nation et cadre du mouvement “Hamas” (Mouvement de la société pour la paix), a expliqué que ce que traverse l’Algérie actuellement ne peut être dissocié de deux facteurs essentiels, l’un externe et l’autre interne. Lors d’une conférence éducative organisée aujourd’hui par le bureau de wilaya du mouvement à Mostaganem, il a affirmé que le danger réel réside dans la convergence de ces deux facteurs et leur impact direct sur la souveraineté nationale et le processus de développement.

Sur le plan externe, Sultani estime que la France, qui a colonisé plus de 22 pays africains, n’a pas encore abandonné sa vision coloniale ancienne et considère toujours ses anciennes colonies comme « son jardin arrière », un espace vital pour ses intérêts économiques et stratégiques. Selon lui, cette mentalité coloniale, même si ses outils ont changé, demeure présente sous la forme de pressions politiques et économiques et de tentatives d’influencer la décision souveraine des États, en particulier ceux riches en ressources naturelles. Il se réfère, à ce propos, à la loi adoptée par le Parlement français en 2005, qui glorifie la colonisation et la présente comme une “bénédiction” pour les peuples africains, prétendant qu’elle les a sortis de la pauvreté et de la faim, en ignorant de manière flagrante les destructions causées par la colonisation aux peuples et aux terres, ainsi que le pillage des richesses.

Selon Soltani, cette position n’était pas un simple point de vue historique isolé, mais reflète une mentalité politique toujours présente dans les relations avec les pays africains, dont l’Algérie. La réponse de l’Algérie a été claire, par l’adoption d’une loi criminalisant la colonisation, une démarche souveraine visant à protéger la mémoire nationale et à rejeter toute tentative de blanchir un passé fondé sur la répression et l’exploitation.

Dans ce contexte, Soltani a établi un lien entre l’intensification de l’intérêt extérieur pour l’Algérie et son engagement réel à exploiter de manière indépendante ses ressources souterraines, après de longues années de gel ou d’exploitation limitée. Selon son analyse, il n’est pas fortuit que certains discours et pressions se multiplient à chaque fois que l’Algérie se rapproche de la transformation de ses ressources naturelles en levier réel de développement et de souveraineté économique.

Le second facteur, qu’il a qualifié de plus dangereux, est interne et concerne les mentalités. Il a indiqué que certains Algériens souffrent encore d’un complexe d’infériorité, que ce soit dans la langue ou dans l’économie, voyant tout ce qui est importé comme étant de meilleure qualité que la production nationale, indépendamment de la réalité. Il estime que cette mentalité constitue l’un des plus grands obstacles à la construction d’une économie nationale forte, car elle affaiblit la confiance en soi et décourage les initiatives locales.

Soltani affirme que la véritable indépendance ne se limite pas à la récupération du territoire, mais s’étend à la libération des esprits des vestiges du colonialisme culturel et économique. Un État qui ne fait pas confiance à sa langue, à ses produits ou à ses capacités demeure dépendant de l’étranger, quelle que soit l’étendue de ses richesses et de ses potentialités. Il a appelé à une bataille de conscience intérieure visant à ancrer une culture d’autonomie, à encourager la production nationale et à construire une confiance collective dans le projet national.