Economie

Tindouf: la porte de l’Algérie vers l’Afrique de l’Ouest

Elle consolide sa position en tant que hub d’exportation

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Les regards se tournent de plus en plus vers la wilaya de Tindouf, qui commence à s’imposer comme un pôle commercial émergent dans la stratégie algérienne d’orientation vers les marchés africains. Ce positionnement s’est renforcé avec l’ouverture du Salon des services et produits algériens destinés à l’exportation, placé sous le slogan « Tindouf, porte d’exportation vers les pays d’Afrique de l’Ouest », avec une large participation d’opérateurs économiques et de représentants de plusieurs pays africains.

Cet événement n’était pas seulement une manifestation économique, mais il reflète une orientation structurelle visant à redessiner la carte des exportations algériennes, à travers l’exploitation de la profondeur africaine comme prolongement naturel des marchés nationaux. La participation de 104 entreprises algériennes et de 45 entreprises artisanales, dans divers domaines tels que l’industrie agroalimentaire, les matériaux de construction, les énergies renouvelables et les services logistiques, confirme la diversité de l’offre exportable nationale et sa capacité à répondre aux besoins des marchés extérieurs.

Dans ce cadre, le conseiller en commerce extérieur, Ali Bey Nasri, a estimé que le Salon de Tindouf, organisé du 24 au 27 avril dernier, est une manifestation traditionnelle, mais qui connaît un grand engouement auprès des opérateurs venant de Mauritanie, notamment en raison de la participation significative de plus de 100 entreprises nationales.

Ali Bey Nasri a affirmé, dans une déclaration au journal « El Khabar », que Tindouf est candidate à devenir une zone franche jouant un rôle important dans le renforcement des exportations hors hydrocarbures, compte tenu de ses infrastructures et de ses capacités logistiques lui permettant d’attirer les investissements et de développer les activités commerciales et industrielles dans la région. Il a également souligné que la proximité de Tindouf avec la frontière mauritanienne pourrait offrir de grandes facilités aux producteurs algériens, renforçant ainsi leur présence sur le marché mauritanien.

Dans le même contexte, l’expert en exportations a indiqué que la plateforme et les capacités logistiques de Tindouf permettront aux produits algériens d’être fortement présents sur les marchés mauritaniens, avec une disponibilité quotidienne et régulière de l’offre, facilitant ainsi les opérations d’exportation et de vente, tout en offrant une flexibilité au client mauritanien sans l’obliger à acheter de grandes quantités.

Par ailleurs, l’intervenant a souligné l’importance du projet de route reliant Tindouf à Zouérate, dont les travaux ont été lancés. Ce projet est appelé à jouer un rôle central dans la promotion des exportations hors hydrocarbures entre l’Algérie et la Mauritanie.

L’expert conclut que ce projet logistique rendra les produits nationaux plus compétitifs par rapport à ceux des autres pays, en réduisant la durée de transport des marchandises vers Nouakchott à une semaine au maximum, contre deux mois en cas de recours au transport maritime, tout en améliorant la fluidité des échanges et en facilitant les opérations de commercialisation et d’échanges commerciaux de manière plus efficace.

D’autre part, selon Ali Bey, les exportateurs ont besoin de facilités et d’un accompagnement pour acheminer les marchandises et produits nationaux, ce que l’Algérie assure en soutenant les opérations de transport à hauteur de 50 %, ce qui rend les coûts plus compétitifs et adaptés aux exportateurs.

En ce qui concerne le développement des échanges dans le cadre des accords commerciaux, l’expert a souligné l’importance de renforcer la coopération entre les laboratoires agréés chargés de délivrer les certificats d’analyse des produits, afin d’accélérer les procédures et d’éviter tout retard éventuel dans le processus d’exportation. Il a également ajouté que, dans le cas d’une orientation vers l’investissement, il devient nécessaire de conclure des accords relatifs à la garantie des investissements, ce qui est actuellement en cours avec la Mauritanie, considérée comme une destination stratégique importante pour l’Algérie.

Dans ce contexte, il a insisté sur l’importance de définir les capacités de production locales dans les différents secteurs destinés à l’exportation, afin de construire une vision plus claire permettant de renforcer la présence des produits nationaux sur les marchés africains.

L’expert indique que l’Algérie est en mesure de développer un modèle de partenariat économique, industriel et culturel avec le Niger, la Mauritanie et le Tchad, soulignant que le continent africain souffre d’un manque d’infrastructures et de ressources énergétiques, dont dispose l’Algérie. Cela explique l’expansion des activités de certaines entreprises algériennes, telles que Sonelgaz International, actuellement active au Niger.

Au niveau continental, le même conseiller a précisé que l’Algérie a franchi des étapes importantes dans la construction d’une vision stratégique, mise en place par le Président de la République, qui a permis, pour la première fois, de renforcer la présence des produits algériens sur les marchés africains grâce à l’intensification de la présence des filiales des banques algériennes dans les pays africains.