La question de la sécurité routière en Algérie refait surface à chaque tragique accident de la route, révélant un problème bien plus complexe que le seul comportement des conducteurs. Le réseau routier, souvent détérioré et mal entretenu, contribue largement à la multiplication des accidents.
La prolifération des nids-de-poule et des bosses, notamment sur les routes nationales et l’autoroute Est-Ouest, transforme la conduite en un véritable défi quotidien, augmentant les risques de perte de contrôle et de collisions graves. Les premières pluies révèlent davantage les failles de l’infrastructure, transformant certains tronçons en véritables « champs de mines » pour les automobilistes, en particulier pour les transports collectifs et les poids lourds.
Des zones comme Debahia, Ouled Bouchba, Kedia El Kahla, Ouled Ouali, Chahbounia sont tristement célèbres, associées à des accidents mortels qui ont coûté la vie à de nombreuses personnes et marqué durablement les familles locales. Ces routes, surnommées « routes de la mort », combinent dégradations, absence de voies doubles, intersections dangereuses et faible éclairage, créant ainsi des points noirs à haut risque.
L’autoroute Est-Ouest est particulièrement inquiétante, notamment dans la partie est du pays, où de nombreux virages et dénivelés accentuent le danger. Selon les rapports de la Gendarmerie nationale, la wilaya de Bouira compte 14 points noirs, parmi lesquels le tronçon d’Ouled Bouchiba et la zone de Djebahia, célèbre pour son dénivelé de plus de six kilomètres, ainsi que le virage de Sidi Khaled à Oued El Berdi.
À Alger, 11 points noirs ont été recensés, surtout sur la route reliant la capitale à Tipaza, où vitesse excessive et manœuvres dangereuses provoquent régulièrement des accidents tragiques. Dans la wilaya de Boumerdès, le manque de voies doubles et la présence de ralentisseurs illégaux accentuent le risque, notamment sur les tronçons de Kedia El Kahla et Ouled Ouali.
Les wilayas de M’sila et Tipaza comptent chacune trois points noirs, comme le RN8 à Ain El Hadjel, le RN50 à Metarfa et le RN45 à Oued Ben Zahia, où les intersections dangereuses et le non-respect des priorités de passage causent des accidents fréquents. Même l’installation de panneaux de signalisation, comme au virage de Sidi Rached à Tipaza, n’a pas suffi à réduire le nombre d’accidents.
Dans les zones du sud, les routes ne sont pas épargnées ; la wilaya de Biskra enregistre 9 points noirs, dont le RN3 à El Chéqqa, suivie de Béchar avec quatre points noirs, principalement sur le RN6 au niveau de Colonel Lotfi.
Les conducteurs témoignent quotidiennement des dangers. Un chauffeur de taxi explique que « Certains ralentisseurs sont très hauts et non signalés. On est obligé de freiner brusquement, ce qui peut provoquer un dérapage ou une collision. » Un autre, conducteur de véhicule utilitaire, ajoute : « Même si on essaie d’éviter les nids-de-poule, le conducteur derrière ne comprend pas mon changement de voie, ce qui peut causer un accident. Beaucoup de routes sont devenues des pièges à cause de l’abandon et du manque d’entretien régulier. »
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