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« Petković, dégage! »

La colère des supporters s'étend au président de la FAF après la prolongation du contrat du sélectionneur suisse avant le Mondial

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« Dégage ! » C'est le slogan qui a le plus résonné aux abords du stade de Vancouver après la défaite de l'Algérie face à la Suisse en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026.

Vladimir Petković n'avait pas besoin de se tourner vers les tribunes ou de consulter les réseaux sociaux pour mesurer l'ampleur de la colère suscitée par cette élimination jugée humiliante face à son pays d'origine. Les sifflets et les insultes l'ont accompagné dès sa sortie de la pelouse et se sont poursuivis jusqu'à l'arrivée de la délégation algérienne à l'hôtel, dans une scène rare qui traduit la profonde déception des supporters.

Cette colère ne tient pas tant à l'élimination elle-même. Les supporters algériens savent que la défaite fait partie du football et qu'une qualification pour les huitièmes de finale d'une Coupe du monde constitue déjà un résultat honorable. Ce qu'ils reprochent avant tout aux Verts, c'est la manière dont ils ont quitté la compétition, après l'une de leurs prestations les plus décevantes de ces dernières années, tant sur le plan du jeu que du résultat, face à une équipe suisse qui a semblé dominer les débats avec une facilité déconcertante.

Après un début de match prometteur, où l'Algérie affichait davantage de possession et d'intentions offensives, la réalité du terrain a rapidement pris le dessus. Le sélectionneur suisse, Murat Yakin, semblait avoir parfaitement anticipé les choix tactiques de Petković : il a laissé l'initiative aux Algériens avant de les punir en contre-attaque. Un scénario rappelant les précédentes rencontres face à l'Argentine et au Nigeria, où les Verts avaient déjà affiché un manque de personnalité, d'engagement, de réaction et d'inspiration offensive, tout en étant incapables de suivre le rythme imposé par l'adversaire.

L'équipe est apparue désorganisée, en manque de confiance et incapable d'imposer son style ou de véritablement inquiéter le gardien suisse, donnant parfois l'impression d'avoir renoncé bien avant le coup de sifflet final.

Si l'élimination ne constitue pas en soi une crise, la manière dont elle s'est produite a ouvert la voie à une vague de critiques. L'équipe qui avait divisé les observateurs durant la phase de groupes s'est totalement effacée lors de son premier véritable test face à une sélection de bon niveau, ravivant le souvenir d'anciens échecs dans les grandes compétitions, où les Verts cédaient autant par insuffisance tactique que par incapacité à répondre à l'intensité des matches décisifs.

La frustration est d'autant plus grande que d'autres sélections africaines éliminées au même stade ont offert des prestations jugées bien plus convaincantes face à des adversaires pourtant plus redoutables, à l'image de la République démocratique du Congo, pourtant présente à ce niveau de la compétition pour la première fois depuis 1974.

Vladimir Petković se retrouve désormais au cœur de la tempête. Observateurs, consultants, anciens internationaux et supporters s'accordent à lui attribuer la plus grande part de responsabilité. Le technicien suisse a perdu la bataille tactique face à son compatriote Murat Yakin, qui a su neutraliser les points forts de l'Algérie tout en exploitant ses faiblesses. De son côté, le sélectionneur des Verts s'est une nouvelle fois montré incapable de trouver les ajustements nécessaires au cours de la rencontre.

Ses choix techniques ont suscité une vive incompréhension, notamment sa décision d'évoluer sans véritable avant-centre, en misant sur un faux numéro neuf qui n'a apporté aucune solution offensive, alors que l'équipe avait besoin d'un point d'appui dans la surface. Le collectif a également souffert d'un manque d'organisation et de cohésion, donnant l'impression d'évoluer sans identité de jeu clairement définie. Surtout, les lacunes défensives déjà observées lors des précédents matches se sont accentuées, rendant cette élimination presque inévitable.

La contestation ne s'est pas limitée à Vladimir Petković. Elle a également visé le président de la Fédération algérienne de football, Walid Sadi, vivement critiqué sur les réseaux sociaux pour avoir prolongé le contrat du sélectionneur jusqu'en 2028 avant même le début du Mondial, tout en portant son salaire mensuel à près de 160 000 euros.

Pour les détracteurs de cette décision, la qualification à une Coupe du monde désormais élargie à 48 équipes, avec la participation de sélections comme Curaçao ou Haïti, ne constituait pas un argument suffisant pour juger positivement le travail de Petković. Ils rappellent que les Verts avaient déjà montré des signes inquiétants durant les éliminatoires, notamment en échouant à battre la Guinée à l'aller comme au retour, des faiblesses confirmées lors du premier véritable test de la phase à élimination directe.

Sur les réseaux sociaux, la contestation s'est transformée en une vaste campagne. Le mot-dièse « Petković dégage » s'est imposé parmi les principales tendances, dans un contexte où un consensus inédit semble se dégager sur la nécessité d'ouvrir un nouveau cycle pour redonner à la sélection nationale son identité, sa personnalité et son esprit de compétition.

Si une élimination en Coupe du monde peut arriver à n'importe quelle équipe, y compris aux plus grandes nations, la manière dont l'Algérie a chuté à Vancouver, après une première alerte contre le Nigeria à Marrakech puis une autre face à l'Argentine, a laissé une impression particulièrement amère. Plus que le résultat, c'est l'absence de caractère, de combativité et d'identité de jeu qui a profondément marqué les supporters. Une situation qui pourrait conduire à une profonde remise en question au sein de la sélection nationale et de la Fédération algérienne de football dans les semaines à venir.